Archives de Tag: Sculpture

Sculpture primitive : l’expression de « ce malgré moi de sauvage »

Dans la liste des œuvres commentées disponible sur le site du Musée d’Orsay, se trouvent quelques explications d’objets dont on ignore souvent l’existence au profit de ses peintures : les sculptures de Gauguin. Ce type de ressources constituait donc un contenu idéal pour que nous en parlions à notre tour, enfin !

(Nous ne reviendrons pas sur le site du Musée en lui-même, étant donné que nous l’avons commenté précédemment et que peu de critiques à son sujet peuvent être faites, ou selon nous du moins…)

Revenons aux œuvres…

Bas-reliefs sculptés et statuettes de bois ou de pierre… En effet, ce ne sont pas les premières images qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on évoque le célébrissime Paul Gauguin. Pourtant, ces objets constituent des pièces tout aussi importantes que les peintures et autres productions graphiques de l’artiste, puisqu’elles révèlent aussi son intérêt profond pour les populations du Pacifique et leurs croyances mystiques souvent complexes.

Gauguin était sans cesse à la recherche de davantage de mysticisme et de traditions, qu’il retranscrivait dans ses œuvres sous forme de symboles et au travers d’une « naïveté plastique » presque rudimentaire, archaïque. Si l’on comprend aisément qu’en peinture, tout ceci se traduit par une perte de la perspective et du dessin académique, par l’emploi de couleurs vives parfois inappropriées aux éléments pour lesquels le peintre les choisissait (combien de fois lui a-t-on reproché des chevaux ou des chiens « trop verts » ?)… En sculpture, il est question de plus de « sauvage » encore, d’autant plus que Gauguin ne possède aucune formation dans ce domaine. Expression, création et découverte sont de mise. En taillant directement les supports, à l’aide d’un simple couteau ou de ciseaux, Gauguin livrait des panneaux décoratifs rayonnants par leur simplicité et leur franchise (tant stylistique que morale), des cadres historiés symboliques et personnels, des bas-reliefs colorés qui dévoilent l’intimité mystérieuse et charnelle des Tahitiennes… Mais aussi des statuettes étranges, souvent qualifiées de « bibelots », car non saisies dans leurs significations et invendables.

Prenons l’Idole à la coquille

Paul Gauguin,Idole à la coquille,© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Gérard Blot

Paul Gauguin (1848-1903)
Idole à la coquille
Entre 1892 et 1893
Statuette en bois de fer, nacre, dent et en os
H. 34,4 ; L. 14,8 ; P. 18,5 cm
Paris, Musée d’Orsay

Bois, os, dent, nacre… La base même de l’œuvre fait appel au Primitif, à la Nature. La figure principale est assise, munie de dents incroyables. Membres allongés, déformés… Mouvements sensuels rappelant ceux du Tamure, une danse traditionnelle de Tahiti… L’Idole nous apparait tel un totem. Gauguin avait l’inspiration sous ses yeux et le talent au bout de ses doigts. Ceci couplé à une soif insatiable de légendes et de nouveauté, ses créations (et celle-ci plus encore) transpirent de son aspiration à rendre visible l’insaisissable, à créer du mythe avec des formes simples.

Bref : encore une fois, nous sommes séduites et satisfaites des commentaires que le Musée met à notre disposition (et, y compris, des notices qui les accompagnent). Assez complets pour se faire une idée de l’objet et/ou de l’artiste ainsi que pour mieux les comprendre, ils sont aussi suffisamment concis pour laisser subsister une part de curiosité chez les plus avides de connaissances, et donc la possibilité d’aller chercher ailleurs d’autres informations si on le souhaite !

Et pour admirer plus d’objets sculptés, venez donc faire un tour par ici !

Poster un commentaire

Classé dans Musées et expositions