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Paul Gauguin: Un sauvage imaginaire?

Le site la Tribune de l’Art, résume toute l’actualité relative à l’Art et au marché de l’Art. Malgré une page d’accueil assez sommaire, ce site fondé par Didier Rykner, journaliste et historien de l’art français, nous ouvre les portes de l’actualité portant sur toute l’Histoire de l’Art Occidentale du Moyen Age aux années 50. Ainsi, une page d’accueil nous présente les dernières nouvelles relatives au monde de l’Art telles que la nomination de Luc Martinez à la présidence du Louvre ou encore les aventures du Louvre d’Abou-Dhabi…

Cette riche source d’informations est organisée autour d’onglets fonctionnels: « Actualité » (brèves, expositions, publications…), « Focus » qui présente de nombreuses biographies d’artistes, « Bases », « Calendrier » ou encore « Emissions » (vidéos d’émissions « l’Art sur un plateau » réalisées par les rédacteurs du site). Le seul inconvénient de cette mine d’information est que certains contenus sont payants comme ceux contenu dans « Bases ».

Nous nous sommes également intéressées au fait de savoir qui étaient les rédacteurs de ce site: Il s’agit de professionnels de l’Art et notamment Didier Rykner son fondateur, qui veulent s’ écarter des sujets conventionnels en valorisant la protection du patrimoine artistique et en promouvant les expositions peu connus de Paris et de Province. Leurs critiques et dossiers d’investigation sont fondés exclusivement sur des expositions vues et documents lus.

Ainsi, l’article que nous allons critiquer s’intitule Paul Gauguin, le sauvage imaginaire, daté du 23 février 2004 et porte sur un livre sorti cette même année, aux éditions du chêne, intitulé « Le sauvage imaginaire » de l’auteur Stéphane Guégant. Au premier abord la critique d’un livre ne nous intéressait guère, mais celui-ci apporte une nouvelle lumière sur Paul Gauguin, non négligeable. Ainsi l’objectif de ce livre est de montrer que Gauguin est un romantique avant d’être un moderne. Il est ainsi vu comme un héritier de Delacroix, Ingres … Il s’agit là d’une vision intéressante qui renverse l’opinion établie selon laquelle les artistes principalement au XIXème siècle, sont les annonciateurs de ceux qui les suivent (précurseurs de l’impressionnisme, etc…). Les artistes n’étant certainement pas en mesure de savoir ce qui allait venir après eux, il n’annoncerait donc pas « avenir artistique ». Cependant l’inverse est envisageable également: les artistes, surtout les plus grands, réagissent à ce qui les précèdent en s’y opposant ou en suivant. Stéphane Guégant, également spécialiste de Delacroix ne se limite pas à une analyse de l’artiste comme résolument innovateur , sans précédent et ne le relierait qu’à ses contemporains. Il le replace dans l’Histoire de la peinture française du XIXème siècle et plus largement dans celle de l’Art occidental pour montrer les innovations apportées par l’artiste mais aussi les traditions qu’il prolonge. Ainsi, il nous explique que lorsque Gauguin part pour Tahiti, il emporte avec lui des gravures de « son musée imaginaire »: Raphaël, Boticelli, Durer  Delacroix…parmi tant d’autres.

La deuxième thèse de l’auteur présente dans cette ouvrage réside dans l’idée que Gauguin a au moins autant participé à fabriquer sa légende, qu’il ne l’a réellement vécu… Selon l’auteur, « le mythe de l’artiste maudit se retirant de la civilisation pour retrouver un état supposé de nature, issu du rousseauisme était en fait un grand roublard qui ne reculait devant rien pour arriver« . Dis de manière plus modérée, Stephan Gégant défend la thèse selon laquelle le peintre pensait surtout à construire sa gloire à travers ce mythe du « sauvage » et du retour à la nature. Nous ne pouvons ajouter qu’une chose : cette ambition a été plutôt réussie!

Image

Paul Gauguin, Autoportrait à l’idole, vers 1893, 46x 33 cm, McNay Art Museum, San Antonio, Texas, USA.

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