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Gauguin et les Nabis

Gauguin NabisLes Nabis sont un groupe d’artistes postimpressionnistes et symbolistes, né en 1888 sous l’impulsion de Gauguin et de Sérusier au sein de l’École de Pont-Aven. Universalis montre à nouveau dans son article sur ce groupe son efficacité quant aux descriptions et explications synthétiques des mouvements artistiques.
Nous avons déjà vu auparavant à quel point il est intéressant de relier la démarche primitiviste de Gauguin à ses premiers temps dits « symbolistes » et « synthétiques », car les préoccupations esthétiques qu’il a pu assouvir lors de ses voyages étaient déjà présentes dès son entrée à Pont-Aven et son travail avec les symbolistes.

Pour se pencher davantage sur ce courant en lien avec notre artiste, et pour changer des articles ou des blogs, nous avons choisi d’écouter la passionnante émission Les Mardis de l’expo de France Culture, proposée en rediffusion sur leur site, au sujet de l’exposition « De Gauguin aux Nabis – Le droit de tout oser » qui a eu lieu au musée de Lodève en 2010.  Dans son émission, Élisabeth Couturier invite Gilles Genty, historien de l’art et co-commissaire de l’exposition, François Fossier, historien de l’art et auteur de l’ouvrage La Nébuleuse Nabie, les Nabis et l’art graphique, ainsi que l’habitué critique d’art Clément Dirié, à discuter autour de l’exposition, et plus particulièrement au sujet des Nabis. Le podcast dure presque 59 minutes, mais pour les internautes pressés, se sont avant tout les 18 premières minutes qui nous intéressent, car c’est là que Gilles Genty souligne plus particulièrement la relation entre Gauguin et les Nabis.

Il évoque une consubstantialité entre l’aventure des Nabis et l’aventure de Gauguin, pour plusieurs raisons. Il y aurait eu un « passage de témoins » en 1886-88 lorsque Gauguin invente l’esthétique de l’École de Pont-Aven. L’emblématique oeuvre Le Talisman de Sérusier va être l’objet de ce passage entre Gauguin et les futurs Nabis : il reprend la matière et l’esthétique des tableaux de Gauguin. En effet, on remarque ici un passage au niveau de la forme mais aussi du fond, car un talisman a quelque chose à voir avec le magique, la sacralité. Genty nous éclaire alors concernant le lien entre les Nabis et Gauguin par la conception religieuse de l’art. S’ensuit une description de cette œuvre, qui nous aide d’ailleurs à mieux comprendre l’esthétique de Gauguin, notamment quant à son emploi des couleurs pures et à son style « cloisonné ». Plus d’informations nous sont alors données sur le rôle important de Pont-Aven dans l’art de l’époque et la place de Gauguin qui y serait allé pour chercher un exil, quelque chose de « primitif « . Cette première recherche sera ensuite prolongée à Tahiti, car Gauguin va toujours cultiver ce retour à une enfance de l’art. Gilles Genty parle d’un « Primitivisme breton » dont Odilon Redon sera également une figure tutélaire pour les Nabis.

Paul Sérusier, (1864-1927), Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour, 1888, huile sur bois, 27 x 21 cm, Musée d'Orsay, Paris.

Paul Sérusier, (1864-1927), Le Talisman, l’Aven au Bois d’Amour,1888,huile sur bois, 27 x 21 cm, Musée d’Orsay, Paris.

Francois Fossier, quant à lui, se concentre (mais avec une voix plus soporifique que Genty) davantage sur les Nabis, et nous parle de leur esthétique et de leurs thématiques. Il rappelle que les Nabis ne sont pas l’expression unique du symbolisme, et qu’ils suivent un certain nombres de personnalités diverses. Selon lui, l’intérêt principal apporté par les Nabis serait cette cohésion entre certains nombres d’inspirations et mise en pratique avec une sorte de « laxisme », en partant d’une idée qu’ils remodèlent par la suite.

Finalement, Clément Dirié nous offre une ouverture digressive en lien avec l’art contemporain, sur les endroits qui, comme Pont-Aven, cristallisent les mouvements, avec notamment le Black Mountain College, école qui rejoint les Nabis dans la mesure où les deux cercles sont interdisciplinaires.

Si Les Mardis de l’expo sont construits comme une « visite privilégiée » dans une « exposition réelle ou virtuelle », et si les informations regroupées autour du sujet sont très intéressante et faciles d’accès, il convient de mentionner le fait qu’aucune information précise n’est donnée sur l’exposition elle-même ! Peut-être que les auditeurs aimeraient en savoir plus sur l’organisation de l’exposition et ses thématiques, avant de devenir spécialiste des Nabis. Car en effet, peu de ressources mentionnent cette fameuse (ou non) exposition au musée de Lodève. Même le site du musée, qui a d’ailleurs l’apparence d’un site en travaux, avec peu de contenu, la mentionne de façon très succincte dans un petit article des expositions passées. Pour avoir plus de renseignements sur l’exposition elle-même, nous devons passer par des articles assez sérieux (sur le site de France 2) et d’autres un peu moins fiables mais  toujours plus informatifs que le musée de Lodève (le site Hdhod).

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