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Musée des beaux-arts de Lyon

Lyon

Le Musée des Beaux-Arts de Lyon, fondé en 1801, détient en tout 2000 peintures dont 700 sont exposées au public, et parmi lesquelles apparaît, avec d’autres Impressionnistes, Paul Gauguin. Sans pour autant égaler le musée Thyssen-Bornemisza, son site est très bien organisé (plus clair que celui du MoMA) et fournit beaucoup de renseignements à l’internaute. Dans l’onglet « musée », nous avons accès à des informations à propos de sa fondation, de son histoire, et du bâtiment lui-même. Une visite virtuelle est proposée, mais elle s’avère décevante : il ne s’agit que d’une animation en 3D avec un tour panoramique de la cour intérieure. En revanche, les visites 360° sont plus intéressantes, car on a accès directement aux salles, avec la possibilité de faire des zooms modérés sur les œuvres. Dans la salle des Impressionnistes, on retrouve notre cher Gauguin avec son tableau Nave Nave Mahana de 1896. En cliquant sur le cadre, la notice s’affiche, ce qui marque un petit plus pour l’aspect interactif. Mais petit moins : le lien « + d’infos? » ne fonctionne pas, ou est mort. Pour accéder à la fiche de l’œuvre, il faut faire un petit détour par l’onglet « collection » du site, dans la catégorie « peintures ». Ici, le musée présente une sélection d’œuvres assez considérable, de Lucas Cranach à Francis Bacon, en passant par Ingres et Boucher.

Ainsi, nous avons accès à la reproduction de Nave Nave Mahana, avec une notice complète, des détails zoomés du tableau, et un petit commentaire de l’œuvre. Les 3 paragraphes du texte correspondent à la description, l’analyse thématique et l’histoire du tableau au sein du musée. Bien que le commentaire aie l’avantage d’être clair et concis, il reste peu édifiant. C’est alors que la petite case « en savoir + » vaut d’y faire un petit détour. Un petit texte retrace brièvement l’histoire de Gauguin à Tahiti, en soulignant la différence entre le premier séjour, « temps de l’éblouissement« , et le second, temps « de la solitude, de la maladie et de la dépression ».
Le site propose également un extrait (d’une minute 39) de l’audioguide à propos de l’œuvre, ce que peu de musées font. En un premier temps, nous avons à nouveau une description, plus creusée, de la scène et des couleurs. L’accent est mis sur l’aspect primitif de l’œuvre, rendu par l’immobilisme, la monumentalité des figures, la stylisation des formes et le rythme des éléments en frise. Ensuite, une voix d’homme lit un extrait du journal de Gauguin à propos de sa toile, dont il voulait que l’atmosphère soit « grave, comme une évocation religieuse ». À nouveau, on insiste sur l’écart entre la représentation paradisiaque et l’atmosphère réelle dégagée par les figures. On apprend à la fin que le musée de Lyon en fait l’acquisition en 1913, et qu’il s’agit alors de sa première œuvre achetée par un musée français.

Le musée des beaux-arts de Lyon s’avère généreux : il offre un aperçu et un commentaire de ses chefs d’œuvre, ce qui nous permet d’avoir accès de façon facile et agréable à ce très beau tableau de Gauguin, représentatif de son style primitif mais aussi de son état intérieur.

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Gauguin : une personnalité qui fait polémique

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Les Cafés Géographiques sont une association constituée « d’une poignée d’étudiants, anciens khâgneux à la Sorbonne qui, avec leur ancien professeur, veulent poursuivre les discussions de la prépa et refaire le monde. » En France mais aussi partout dans le monde, ces points Cafés sont animés par des membres ayant adhéré à l’association et qui animent ces originaux bistrots autour de débats portant sur la Géographie. Des passionnés, des amateurs mais aussi des spécialistes rejoignent l’étonnant projet, ce qui fait dès lors de ce regroupement une ressource intéressante.

Ils alimentent un site internet, depuis 1998, sur lequel se mêlent toutes sortes de contenus… Bien que l’interface ne soit que très peu attrayante car peu esthétique et mal organisée (on ne sait pas trop où donner de la tête), l’association se rattrape par la richesse des informations qu’elle met à notre disposition. Articles de présentation d’ouvrages, de films et même de cartes postales, dossiers à thèmes consacrés à des villes, partage de recettes culinaires du monde et même de quelques expos… L’association met également en ligne la programmation de ses cafés, par ville, bistrot, et thèmes ou débats qui y seront abordés chaque semaine. Aussi, des comptes rendus des cafés ayant déjà eu lieu ont été rédigés et mis en ligne.

Alors… Pourquoi vous présenter ce site étrange quand bien même la discipline autour de laquelle il se fonde n’est pas la nôtre ? Et bien pour vous montrer à quel point les sciences humaines croisent transversalement leurs différentes « branches » (le mot n’est pas choisi par hasard) d’abord, mais aussi les ressources numériques qui s’y rapportent. Quand on vous parle d’un réseau internet tentaculaire… Et oui ! Nous sommes face à des ramifications virtuelles qui semblent (presque?) inépuisables.

Pour preuve : cet article « Gauguin : colon ou sauvage ? » de Soizic Vasseur. Publié le 2 mars 2004 et visité pas moins de 8605 fois, cet écrit (aussi disponible en version imprimable) retranscrit le débat qui prenait lieu à La Taverne Saint-Germain (qui fait face au célèbre Café de Flore de Paris) le même jour.

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Intérêt du débat : l’apport géographique tiré dans l’œuvre de l’artiste.

Gauguin est encore aujourd’hui fortement critiqué d’un point de vue de sa personnalité et de la vie qu’il a mené, dans le Pacifique surtout. Malade, alcoolique, entretenant des relations amoureuses avec de jeunes adolescentes… Son mode de vie choque et fait polémique. L’une des questions du débat : « génie ou salaud ? ». Comme le soulignera très bien Michel Sivignon, on peut parfaitement être les deux à la fois. Mais il faut, avant toute chose, tenir compte de l’époque et de sa mentalité, ainsi que du contexte dans lequel Tahiti était plongé lorsque Gauguin choisit d’y poser bagages…

La colonisation : quand Gauguin arrive là-bas, il est animé par une soif d’ailleurs et de découverte gigantesque. Dans un premier temps, en prenant compte de sa mentalité ainsi que des premiers tableaux qu’il peint, il nous est permis de dire que l’artiste « a consommé l’exotisme » comme un tout autre occidental banal, avec ses envies d’ailleurs, aurait pu le faire. C’est ensuite seulement, dans sa recherche d’un âge d’or du Primitivisme, qu’il se mettra à haïr l’administration coloniale puis ce qu’elle fera subir au peuple tahitien et à sa culture, dont il se fait défenseur.

Gauguin réalise alors que ce qu’il croyait avoir trouvé, à peine, avait déjà disparu sous l’oppression de cette société occidentale envahissante qu’il cherchait tant à fuir. Sans réellement discerner l’art de l’artisanat, la griffe de l’artiste s’est faite de plus en plus sauvage et mystérieuse. Au travers de ses toiles et de ses sculptures, il invente  alors un langage, son langage, par lequel il récrée tout un monde en voie de disparition. Et c’est cela, ici, qui intéressait les géographes : le monde peint selon Gauguin. Rêve ou réalité ?

Précurseur des mouvements avant-gardistes qui suivront, Gauguin a instauré un changement du regard de l’occidental sur « l’Autre » (le « sauvage ») et sur « l’art nègre ». Anticolonialisme ? Difficile à dire. Quoiqu’il en soit « La Polynésie en générale est vue comme île de « l’amour », un paradis terrestre. Absence de péché, pas de culpabilité, nudité sans honte. » Et à partir de là… Gauguin ne se déplut pas à choquer.

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Les peintres de Pont-Aven autour de Gauguin

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Les chaînes France Télévision, premier groupe audiovisuel français, proposent un site sur lequel sont regroupées leurs différentes antennes : France 2, France 3, France 4, etc. L’internaute n’a qu’à cliquer sur la chaîne qui l’intéresse pour retrouver les documents de son choix, classés par catégories répertoriées dans des onglets dès la page d’accueil : programmes télé, émissions en replay, vidéos… Voilà de quoi étendre et varier nos recherches !

En effet, chaque page d’accueil de chaîne télévisée présente une barre de recherche. Dans chacune d’elles, nous avons mené une exploration via le mot-clé « Gauguin », et c’est sur la page France 2 que nous avons retenu la ressource la plus intéressante…

France 2 est connue pour la diversité de ses petites émissions consacrées à la culture et aux loisirs. Toutes sont présentes et rediffusées sur le site de la chaîne. Tout est conçu de manière à naviguer facilement, afin de retrouver quelque chose en particulier, ou bien pour séduire l’internaute et le perdre dans le visionnage de contenus… bien mis en valeur ! Ludique, pratique, complet : la TV du net a su séduire les téléspectateurs pour les faire déplacer du canapé jusqu’à leur ordinateur ! Ah, la magie des ressources numériques

Trêve de plaisanteries.

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Ainsi, l’émission matinale « Télé Matin » présentée du lundi au samedi de 6h à 9h30 par William Leymergie, connait un succès considérable. Il s’agit d’un journal d’information où viennent se mêler des chroniques culturelles divertissantes et instructives : spectacles, librairies, cinéma, musique, mais aussi expos et musées !

Vous vous douterez bien que ce sont sur ces deux dernières chroniques que nous nous sommes penchées… Chacune présente les évènements de musées ou les expositions ayant fait l’objet d’une présentation par un chroniqueur de l’émission. Merveille : tout a été archivé par date, de jour en jour, avec le titre du sujet traité, depuis l’année 2010 ! Lorsque l’on clique sur un lien donné, nous sommes redirigés vers une page qui nous décrit précisément le sujet de la chronique, et souvent, les vidéos sont encore disponibles (mais malheureusement pas toutes, sans doute à cause de l’ancienneté de certains contenus).

Dans la chronique « Musées », c’est le titre « Les peintres de Pont-Aven autour de Gauguin » qui retiendra notre attention. Le samedi 9 février 2013 dernier, c’est le jeune chroniqueur Damien Thévenot qui présentait aux téléspectateurs matinaux l’exposition consacrée aux peintres de Pont-Aven et plus particulièrement encore : à Gauguin. Abritée du 12 janvier au 8 avril 2013 par l’Atelier Grognard (92), elle regroupait un grand nombre d’œuvres des peintres qui s’étaient réunis autour de Gauguin : Paul Sérusier, Emile Bernard, Maxime Maufra, Maurice Denis… En tout, près de 150 peintures, gravures et dessins ont été réunis, illustrant une période allant de 1886 aux années 1920. L’attrait de l’exposition : sur les 105 tableaux présentés et les 50 œuvres sur papier, 80% sont issues de collections privées et la plupart n’avaient jamais été présentées au public !

Ce petit reportage de 6,29 minutes seulement, évoque le cloisonnisme instauré par Gauguin, qui bouleverse les codes de la peinture classique. De même, il fait un point sur l’Ecole de Pont-Aven, sur les avantages que le lieu offrait aux artistes qui s’y rendaient… Le commissaire d’exposition Hervé Duval y est interviewé et nous explique rapidement la peinture de Gauguin : abandon de la perspective, élimination des détails, superposition des couches de couleur…

Comme le montre très bien la vidéo, Gauguin, bien que maître, n’a jamais cherché à imposer quoi que ce soit, mais explorait de nouvelles voies picturales autres que celles de la peinture classique. Il souhaitait une libération de l’artiste et des règles. Travailler librement, être audacieux et se détacher de ce qui avait été établi… Là était la philosophie artistique de Gauguin durant son séjour à Pont-Aven, alors même que cette Bretagne brute et sauvage qui lui plaisait tant constituait son premier pas vers le Primitivisme, auquel il se joindra par la suite pour ne plus s’en défaire.

Voici donc de quoi, une fois de plus, aborder l’histoire de l’art sous son angle le plus divertissant et accessible possible. Tous à vos écrans !

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Gauguin et les Nabis

Gauguin NabisLes Nabis sont un groupe d’artistes postimpressionnistes et symbolistes, né en 1888 sous l’impulsion de Gauguin et de Sérusier au sein de l’École de Pont-Aven. Universalis montre à nouveau dans son article sur ce groupe son efficacité quant aux descriptions et explications synthétiques des mouvements artistiques.
Nous avons déjà vu auparavant à quel point il est intéressant de relier la démarche primitiviste de Gauguin à ses premiers temps dits « symbolistes » et « synthétiques », car les préoccupations esthétiques qu’il a pu assouvir lors de ses voyages étaient déjà présentes dès son entrée à Pont-Aven et son travail avec les symbolistes.

Pour se pencher davantage sur ce courant en lien avec notre artiste, et pour changer des articles ou des blogs, nous avons choisi d’écouter la passionnante émission Les Mardis de l’expo de France Culture, proposée en rediffusion sur leur site, au sujet de l’exposition « De Gauguin aux Nabis – Le droit de tout oser » qui a eu lieu au musée de Lodève en 2010.  Dans son émission, Élisabeth Couturier invite Gilles Genty, historien de l’art et co-commissaire de l’exposition, François Fossier, historien de l’art et auteur de l’ouvrage La Nébuleuse Nabie, les Nabis et l’art graphique, ainsi que l’habitué critique d’art Clément Dirié, à discuter autour de l’exposition, et plus particulièrement au sujet des Nabis. Le podcast dure presque 59 minutes, mais pour les internautes pressés, se sont avant tout les 18 premières minutes qui nous intéressent, car c’est là que Gilles Genty souligne plus particulièrement la relation entre Gauguin et les Nabis.

Il évoque une consubstantialité entre l’aventure des Nabis et l’aventure de Gauguin, pour plusieurs raisons. Il y aurait eu un « passage de témoins » en 1886-88 lorsque Gauguin invente l’esthétique de l’École de Pont-Aven. L’emblématique oeuvre Le Talisman de Sérusier va être l’objet de ce passage entre Gauguin et les futurs Nabis : il reprend la matière et l’esthétique des tableaux de Gauguin. En effet, on remarque ici un passage au niveau de la forme mais aussi du fond, car un talisman a quelque chose à voir avec le magique, la sacralité. Genty nous éclaire alors concernant le lien entre les Nabis et Gauguin par la conception religieuse de l’art. S’ensuit une description de cette œuvre, qui nous aide d’ailleurs à mieux comprendre l’esthétique de Gauguin, notamment quant à son emploi des couleurs pures et à son style « cloisonné ». Plus d’informations nous sont alors données sur le rôle important de Pont-Aven dans l’art de l’époque et la place de Gauguin qui y serait allé pour chercher un exil, quelque chose de « primitif « . Cette première recherche sera ensuite prolongée à Tahiti, car Gauguin va toujours cultiver ce retour à une enfance de l’art. Gilles Genty parle d’un « Primitivisme breton » dont Odilon Redon sera également une figure tutélaire pour les Nabis.

Paul Sérusier, (1864-1927), Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour, 1888, huile sur bois, 27 x 21 cm, Musée d'Orsay, Paris.

Paul Sérusier, (1864-1927), Le Talisman, l’Aven au Bois d’Amour,1888,huile sur bois, 27 x 21 cm, Musée d’Orsay, Paris.

Francois Fossier, quant à lui, se concentre (mais avec une voix plus soporifique que Genty) davantage sur les Nabis, et nous parle de leur esthétique et de leurs thématiques. Il rappelle que les Nabis ne sont pas l’expression unique du symbolisme, et qu’ils suivent un certain nombres de personnalités diverses. Selon lui, l’intérêt principal apporté par les Nabis serait cette cohésion entre certains nombres d’inspirations et mise en pratique avec une sorte de « laxisme », en partant d’une idée qu’ils remodèlent par la suite.

Finalement, Clément Dirié nous offre une ouverture digressive en lien avec l’art contemporain, sur les endroits qui, comme Pont-Aven, cristallisent les mouvements, avec notamment le Black Mountain College, école qui rejoint les Nabis dans la mesure où les deux cercles sont interdisciplinaires.

Si Les Mardis de l’expo sont construits comme une « visite privilégiée » dans une « exposition réelle ou virtuelle », et si les informations regroupées autour du sujet sont très intéressante et faciles d’accès, il convient de mentionner le fait qu’aucune information précise n’est donnée sur l’exposition elle-même ! Peut-être que les auditeurs aimeraient en savoir plus sur l’organisation de l’exposition et ses thématiques, avant de devenir spécialiste des Nabis. Car en effet, peu de ressources mentionnent cette fameuse (ou non) exposition au musée de Lodève. Même le site du musée, qui a d’ailleurs l’apparence d’un site en travaux, avec peu de contenu, la mentionne de façon très succincte dans un petit article des expositions passées. Pour avoir plus de renseignements sur l’exposition elle-même, nous devons passer par des articles assez sérieux (sur le site de France 2) et d’autres un peu moins fiables mais  toujours plus informatifs que le musée de Lodève (le site Hdhod).

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« L’art de demain se trouve dans la peinture de Gauguin »

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Pendant longtemps, l’Histoire de l’Art a considéré que Fauves et Nabis étaient en rupture totale avec l’Impressionnisme et le Post-Impressionnisme. Mais chez Gauguin, premier peintre à avoir inspiré les artistes de ces mouvements, il y a une réelle filiation entre l’Impressionnisme et l’Ecole de Pont-Aven. De ce fait, cette rupture est déjà à revoir. Et pour cela, concentrons-nous, le temps de cet article, sur les Fauves…

Le Fauvisme est un mouvement pictural français qui apparait à l’aube du XXème siècle. Il s’inscrit alors dans une continuité des recherches esthétiques menées au travers de l’Impressionnisme, du Néo-Impressionnisme et des Nabis.

Arrêtons-nous un instant sur un site qui a retenu notre attention, et qui nourrira également notre propos. Le site http://www.histoiredelart.net/ propose une chronologie très bien réalisée des courants picturaux qui se sont succédés du XIème siècle jusqu’à nos jours. Tout n’est pas mentionné, sinon l’essentiel, et les dates ne restent qu’approximatives… Néanmoins elle permet de mieux se rendre compte de quel mouvement est apparu avant un autre, ou bien simultanément, etc. et ainsi, de mieux les confronter. Surtout lorsqu’il s’agit, comme ici, d’une période relativement riche en émulations artistiques. Par ailleurs, on note que ce site, très esthétique et agréable d’un point de vue de son interface, constitue une bonne ressource en ce qui concerne les généralités en Histoire de l’Art : chronologies donc, fiches de présentation des courants picturaux, listes d’artistes par siècle, quelques dossiers et analyses d’œuvres… En somme, de quoi renseigner globalement et agréablement sur un sujet qui reste assez vaste. Ainsi, on retient également sa présentation du Fauvisme, rattachée à des rubriques  telles que les peintres et les tableaux les plus célèbres du mouvement, ou encore une rapide mise au point sur le contexte politique… A nos yeux, www.histoiredelart.net entre donc parmi ces ressources qui « vulgarisent » l’histoire de l’art. Non pas en simplifiant ses enjeux et sa méthode, mais en lui prélevant son essence et en la présentant de manière attractive et accessible à un large public.

Revenons à Gauguin et à son influence sur les Fauves…

Le site du Centre Pompidou est relativement maigre par son contenu. Et nous devons avouer que ce n’est pas une adresse que nous nous plaisons à visiter. Ni pratique ni intuitif, peu de publications, de commentaires, de documents numérisés accessibles… Le musée ne semble pas vraiment s’investir dans le développement de son site. Aucune exposition archivée, collections non mises en avant et donc non consultables par les internautes, pas de visites virtuelles possibles (contrairement à certaines mentions visibles sur son interface qui pourraient laisser entendre le contraire : « centre pompidou virtuel »)… Manque de fonds ? Sans doute. Mais contrairement à d’autres sites de musées, français ou étrangers, que nous avons pu commenter… Beaubourg a du retard à rattraper ! Car les trois seuls onglets qui y sont affichés (« Centre Pompidou », « Visite » et « Agenda ») nous laissent sur notre faim.

Cependant, si l’on fait une recherche rattachée à Gauguin via sa barre de recherche, le musée nous dirige vers l’un de ses dossiers pédagogiques, très complet et intéressant, intitulé « Le Fauvisme et ses influences sur l’art moderne ». Quelques bonnes ressources sont finalement exploitables ! Fini les critiques, passons aux points positifs.

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Rédigé par Olivier Font, l’ensemble est structuré de manière à cerner les problématiques rapidement et à nous diriger vers les axes qui nous intéressent plus particulièrement, si on le souhaite. Une biographie sélective est aussi proposée, afin d’approfondir ses recherches à l’aide d’ouvrages consacrés à ce sujet et présélectionnés pour nous.

Présentation du mouvement, de ses caractéristiques, de ses artistes ainsi que de ses œuvres, ce document évoque également l’importance de Gauguin et du Primitivisme tout au long de l’article. Si le chapitre « Aux Sources du Fauvisme » ne le met pas vraiment en avant, c’est en lisant l’intégralité du dossier que l’on comprend réellement son rôle.

En effet, Gauguin a inspiré les Fauves dans le sens où la couleur devient l’élément essentiel dans le tableau. De même, comme l’explique parfaitement le site apparences.net (même type de site que histoiredelart.net) dans son article sur le Fauvisme : « L’enthousiasme pour la sculpture africaine et océanienne contribue également à diriger la recherche des fauves : il est fondé sur la conviction que l’art primitif réalise la synthèse de perception et d’expression recherchée par le peintre fauve lorsqu’il fait exploser sur la toile, les bleus, les rouges, les jaunes, les couleurs pures sans aucun mélange de tons. »

Ainsi donc, culture primitive et peinture de Gauguin ont dirigé les artistes tels que Matisse, Vlaminck, Derain ou Braque vers des travaux encore plus « sauvages » qui, peu à peu, ont fait disparaître le dessin au profit de larges zones recouvertes de « couleurs pures ».

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Paul Gauguin: Un sauvage imaginaire?

Le site la Tribune de l’Art, résume toute l’actualité relative à l’Art et au marché de l’Art. Malgré une page d’accueil assez sommaire, ce site fondé par Didier Rykner, journaliste et historien de l’art français, nous ouvre les portes de l’actualité portant sur toute l’Histoire de l’Art Occidentale du Moyen Age aux années 50. Ainsi, une page d’accueil nous présente les dernières nouvelles relatives au monde de l’Art telles que la nomination de Luc Martinez à la présidence du Louvre ou encore les aventures du Louvre d’Abou-Dhabi…

Cette riche source d’informations est organisée autour d’onglets fonctionnels: « Actualité » (brèves, expositions, publications…), « Focus » qui présente de nombreuses biographies d’artistes, « Bases », « Calendrier » ou encore « Emissions » (vidéos d’émissions « l’Art sur un plateau » réalisées par les rédacteurs du site). Le seul inconvénient de cette mine d’information est que certains contenus sont payants comme ceux contenu dans « Bases ».

Nous nous sommes également intéressées au fait de savoir qui étaient les rédacteurs de ce site: Il s’agit de professionnels de l’Art et notamment Didier Rykner son fondateur, qui veulent s’ écarter des sujets conventionnels en valorisant la protection du patrimoine artistique et en promouvant les expositions peu connus de Paris et de Province. Leurs critiques et dossiers d’investigation sont fondés exclusivement sur des expositions vues et documents lus.

Ainsi, l’article que nous allons critiquer s’intitule Paul Gauguin, le sauvage imaginaire, daté du 23 février 2004 et porte sur un livre sorti cette même année, aux éditions du chêne, intitulé « Le sauvage imaginaire » de l’auteur Stéphane Guégant. Au premier abord la critique d’un livre ne nous intéressait guère, mais celui-ci apporte une nouvelle lumière sur Paul Gauguin, non négligeable. Ainsi l’objectif de ce livre est de montrer que Gauguin est un romantique avant d’être un moderne. Il est ainsi vu comme un héritier de Delacroix, Ingres … Il s’agit là d’une vision intéressante qui renverse l’opinion établie selon laquelle les artistes principalement au XIXème siècle, sont les annonciateurs de ceux qui les suivent (précurseurs de l’impressionnisme, etc…). Les artistes n’étant certainement pas en mesure de savoir ce qui allait venir après eux, il n’annoncerait donc pas « avenir artistique ». Cependant l’inverse est envisageable également: les artistes, surtout les plus grands, réagissent à ce qui les précèdent en s’y opposant ou en suivant. Stéphane Guégant, également spécialiste de Delacroix ne se limite pas à une analyse de l’artiste comme résolument innovateur , sans précédent et ne le relierait qu’à ses contemporains. Il le replace dans l’Histoire de la peinture française du XIXème siècle et plus largement dans celle de l’Art occidental pour montrer les innovations apportées par l’artiste mais aussi les traditions qu’il prolonge. Ainsi, il nous explique que lorsque Gauguin part pour Tahiti, il emporte avec lui des gravures de « son musée imaginaire »: Raphaël, Boticelli, Durer  Delacroix…parmi tant d’autres.

La deuxième thèse de l’auteur présente dans cette ouvrage réside dans l’idée que Gauguin a au moins autant participé à fabriquer sa légende, qu’il ne l’a réellement vécu… Selon l’auteur, « le mythe de l’artiste maudit se retirant de la civilisation pour retrouver un état supposé de nature, issu du rousseauisme était en fait un grand roublard qui ne reculait devant rien pour arriver« . Dis de manière plus modérée, Stephan Gégant défend la thèse selon laquelle le peintre pensait surtout à construire sa gloire à travers ce mythe du « sauvage » et du retour à la nature. Nous ne pouvons ajouter qu’une chose : cette ambition a été plutôt réussie!

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Paul Gauguin, Autoportrait à l’idole, vers 1893, 46x 33 cm, McNay Art Museum, San Antonio, Texas, USA.

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El Museo Thyssen-Bornemisza

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Musée d’art ancien, moderne et contemporain situé dans la capitale espagnole, le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid possède une collection importante d’œuvres du XIXème siècle et de l’impressionnisme, mais aussi des avant-gardes du XXème siècle, dont une dizaine d’œuvres de Paul Gauguin.

Son site internet est tout à fait remarquable et nous avons été agréablement surprises de l’ensemble des contenus et services qu’il offre aux internautes…

Avant toute chose, soulignons l’avantage de cette page d’accueil à l’interface plaisante, épurée et fonctionnelle. Seul bémol ? Les deux versions qui sont proposées sont en anglais et en espagnol. Mais il ne faut surtout pas s’arrêter à cela, vous passeriez à côté d’une perle du net… que nous allons analyser pour vous !

Comme tout bon site normalement constitué, une barre de recherche sur la droite permet de procéder à des recherches directes et rapides. Si l’on y tape « Paul Gauguin », on accède à une liste de résultats en lien direct avec l’artiste ou bien qui y sont rattachés de manière plus générale. On peut alors lire une biographie de Gauguin et un commentaire pour chacune de ses œuvres que le musée détient ! Photographie des objets, légendes, explications… De véritables petites fiches de présentation, comme peuvent le proposer les musées du Louvre et d’Orsay, à la différence que les notices ne mentionnent pas de références bibliographiques sur lesquelles nous pourrions nous rediriger. En revanche, le musée Thyssen nous propose d’autres artistes ou pièces pouvant être rattachés à notre objet d’étude initial : artistes de la même période chronologique, du même courant artistique, etc.

A droite, une succession d’onglets nous redirigent vers les thèmes de notre choix…

  • « Collections » ouvre sur une page qui nous explique les provenances des collections et donc des œuvres, des acquisitions, etc. puis donne accès à des sous-rubriques telles que « artistes » (répertoriés par ordre alphabétique), « chef-d’œuvre »…
  • Il est même possible de visiter virtuellement l’intégralité du musée ! Ses niveaux et ses salles ont été filmés de sorte qu’un logiciel nous permet, à l’aide de quelques clics seulement, de déambuler au sein de l’établissement et devant les œuvres ! On accède ainsi aux plans du musée, on évolue de salle en salle et un guide audio traduit dans cinq langues différentes, y compris en français, est mis à notre disposition ! Si l’on clique sur une œuvre, le site nous redirige vers sa fiche de présentation explicative… Une visite virtuelle ludique, maniable et pratique, mais surtout enrichissante puisqu’elle nous permet de visiter le musée et d’admirer ses œuvres  comme si nous y étions… ou presque.
  • Dans la rubrique « Expositions », le musée répertorie les expositions passées, en cours et prochaines. Et c’est ici qu’une ressource en particulier a retenu notre attention… Du 9 octobre 2012 au 13 janvier 2013, le musée a abrité une exposition « Gauguin and the Voyage to the Exotic ». L’ensemble de l’expo a été numérisé et archivé : présentation, blog retraçant la réalisation, brochure, vidéos et visite virtuelle… Tout est à notre disposition pour découvrir ou bien pour revivre l’évènement ! Et ceci est aussi valable pour un tas d’autres expositions qui ont eu lieu dans ce même musée. Un atout gigantesque, que l’on savoure grandement.
  • « Studies of the Collection » contient tout autant de merveilles. En effet, le musée publie en ligne des articles de son périodique Open Windows : en français Fenêtres ouvertes, titre qui n’est pas sans rappeler la célèbre métaphore d’Alberti dans son traité De Pictura. La revue en ligne réinterprète des œuvres du musée à la lumière de nouvelles découvertes. Elle paraît trois fois par an et constitue le fruit des recherches menées par l’équipe de conservation, qui remet ainsi à jour connaissances et interprétations des œuvres auprès de la communauté universitaire comme du grand public intéressé. De même, « Restauration » nous fait part des travaux de recherches ou de restauration que le musée a effectué et en explique tant les enjeux que les techniques employées. Dans « Technical Studies » (Etudes techniques), on accède à des dossiers numériques décrivant les restaurations intégrales d’œuvres : démarches suivies, outils et méthodes employés… le tout richement documenté et illustré.
  • Les rubriques qui suivent permettent de s’informer sur le musée en lui-même ainsi que sur les activités et évènements qui y prennent lieu.

Revenons aux ressources en lien avec notre sujet et commençons par nous pencher sur la brochure de l’exposition qui nous intéresse.

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Les textes sont, là aussi, transcrits en espagnol et en anglais. Ils suivent le plan de l’exposition, qui comprenait les thématiques principales suivantes :

–          La figure de Gauguin et le Primitivisme exploré dans sa version exotique, en Martinique puis à Tahiti

–          L’influence de ses œuvres dans l’art moderne et les avant-gardes du XXème siècle

–          La conception moderne de l’exotisme et son rapport avec l’ethnographie

Chaque problématique abordée dans l’exposition est traitée dans la brochure au travers d’une explication concise et d’une toile illustrant le propos… Le tout en ressort salutaire car très instructif :

« Invitation au voyage » : Gauguin, tout comme Delacroix, fut l’un des premiers artistes à peindre des paysages d’ailleurs. Les siens, emplis d’exotisme et de couleur, révèlent souvent des scènes intimes dépeignant les populations indigènes et leurs modes de vie.

« Aller et retour, Martinique » : l’importance décisive de son séjour là-bas dans les années 80, en tant que première expérience de voyage comme peintre à proprement parler, mais aussi parce qu’après cela, Gauguin ne quittera plus jamais sa quête du Primitivisme qu’il cherchera sous toutes ses formes dans le Pacifique.

« Le Paradis Tahitien » : isolé dans son nouvel atelier d’Océanie, Gauguin réalise un grand nombre d’œuvres que lui inspire la culture maorie. D’abord dans un style synthétique où « couleur » prime sur « forme » puis, plus tard, dans une ambiance plus mystique et sombre, révélatrice de la détérioration des santés physique et morale de l’artiste.

« Sous les Palmiers » : arrivé à Tahiti, Gauguin a vite su allier Primitif et Sauvage au sein de sa production. Pour lui tout est clair : il n’est plus question d’imiter simplement la Nature, mais de transcrire les sensations éprouvées lorsqu’on la contemple au travers de ses rêves. La relation entre la Nature et le Sauvage, réelle ou imaginaire, est le moyen de retrouver bonheur et innocence, le vrai sens de l’art. Cette vision des choses sera aux sources mêmes des inspirations d’artistes tels qu’Henri Rousseau et Matisse, Emil Nolde et Max Pechstein ou encore Août Macke et Franz Marc. Le « monde de la jungle » permet ainsi de surmonter la crise des valeurs esthétiques, morales et politiques et d’atteindre, au-delà des limites imposées par les règles académiques de l’époque, des expressions et canons artistiques nouveaux.

« L’artiste ethnographe » : cette appel de la différence, qui est à l’origine du développement du Primitivisme chez (et par) Gauguin, est largement visible dans les nouvelles relations que les artistes entretenaient avec l’ethnographie. Le Primitivisme nous rallie au « Primitif », à « l’Autre » au travers d’une l’image qui nous est dépeinte et que nous regardons. On y admire l’étrange, la différence. Gauguin fut le premier à être séduit par cette différence au point d’y consacrer entièrement sa vie et son art…

Ainsi donc, la brochure numérisée cerne l’essentiel de l’exposition et nous le livre en quelques pages.

Le blog du « making of » nous renseigne quant à lui sur la mise en place de l’exposition : de l’accrochage des tableaux à la réalisation du catalogue, en passant par la prise en charge des œuvres. Ceci est extrêmement intéressant, d’autant plus que ce type d’informations n’est que rarement accessible au public… Pourtant, elles permettent de se rendre bien compte du travail que tout cela implique et pour les étudiants qui rêvent de devenir commissaire d’expositions, disons que… « Ça met l’eau à la bouche » !

Il est aussi possible de visionner des vidéos qui présentent l’exposition ainsi que le cycle de conférences  « Paraísos » (Paradis) organisé par le département de Peinture moderne du musée, en lien avec l’exposition, mais… En espagnol non sous-titré : avis donc aux bilingues ou aux plus courageux d’entre vous !

En conclusion…

Photographies, commentaires, revues et brochures numérisées, visites virtuelles… Une diversité des médiums, une richesse informative et visuelle telles qui font que ce site de musée s’impose comme un élément incontournable dans notre discipline. En fait, il entre parmi les 151 institutions ayant rejoint le « Google Art Project » qui, grâce à sa nouvelle technologie Street View, a permis la numérisation en 3D de 32000 œuvres, dispersées partout dans le monde dans une quarantaine de pays. Les œuvres, l’art et son histoire et donc la culture se retrouvent en haute résolution sur nos écrans, à portée de main. Des musées virtuels que l’on apprécie tant lorsque l’on ne peut se déplacer que pour préparer sa visite !

Et sans oublier que dans le cadre de nos recherches personnelles, de pareilles ressources sont un accès direct à des données fiables et captivantes… Tout ce qu’on aime !

(Un bonus pour les hispanophones : un article à propos de l’exposition, publiée sur le site « El Cultural ».)

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