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Gauguin et Pont-Aven : première source d’inspiration

Avant de partir dans les îles, Gauguin trouva son inspiration première et le « sauvage » qu’il affectionnait dans le Finistère, à Pont-Aven. Là-bas, où se mêlent la campagne et ses rivières ainsi que la mer et ses plages, l’artiste peint et regroupe des artistes venus pratiquer à ses côtés, à la recherche de renouveau dans leur art.

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Paul Gauguin
Têtes de bretonnes
1894, Pastel
Pont-Aven, Musée municipal

Nous avons déjà abordé les programmes télévisés disponibles en rediffusion sur le net. Voici un nouvel exemple, qui ne surprendra sans doute personne mais qui conforte notre idée d’une diffusion des médiums et des ressources liées à l’Histoire de l’Art, et plus encore à notre sujet. TF1, l’une des chaînes télévisées françaises les plus connues et visionnées dans le pays, propose elle aussi son site de rediffusion, évidemment. Son interface est tout aussi claire et fonctionnelle que celle choisie par le groupe France Télévisions. En haut de la page d’accueil, la traditionnelle barre de recherche. Un peu plus bas, des onglets distribuant par thèmes les documents numérisés : société, monde, politique, économie, etc. Plus bas encore, le site offre la rediffusion de chacun de ses « Journal de 13h », magazines, et autres émissions ayant été retransmises en direct sur la chaîne. Jusqu’ici… Rien de bien original, mais avouez que chacun y trouve parfois son compte.

Sans titre 1

« Paul Gauguin ». Nos mots-clés, une fois encore, que nous lançons au travers de la barre de recherche. La liste des résultats nous offre quelques reportages pouvant être intéressants. Parmi eux : « Pont-Aven, source d’inspiration pour Gauguin », le plus en rapport avec notre sujet. Tiré d’un journal de 13h présenté par Jean-Pierre Pernaut, le reportage nourrit la série portant sur les lieux ayant inspiré de nombreux peintres. Courbet et Renoir, entre autres, avaient ainsi fait l’objet de reportages précédents, de même que Van Gogh à Arles allait être traité le jour suivant. Pendant un peu plus de trois minutes, les journalistes de la chaîne Dominique Lerain et Eric Delpech présentent Pont-Aven et les sites sur lesquels Gauguin aimait se rendre pour pratiquer. Le lieu, en plus de présenter une nature préservée aux multiples facettes plaisant au peintre, constituait une « retraite financière » bien plus paisible qu’à la capitale. En effet, Gauguin et les jeunes artistes qui le rejoindront sur place jusqu’à fonder la fameuse école de Pont-Aven, trouvent ici la possibilité de vivre à moindre coût, notamment grâce à la pension de Marie-Jeanne Gloanec, tout en ayant à leur disposition de quoi s’émerveiller, partout autour. C’est ainsi que Gauguin réalisera là-bas quelques-uns de ses tableaux les plus célèbres. En partant des croquis qu’il faisait en extérieur, il donna vie ensuite, dans son atelier privé, aux chefs-d’œuvre Le Christ Jaune (renvoyant directement au Christ de la Chapelle de Trémalo) ou encore à La  belle Angèle.

Paul Gauguin
La belle Angèle
1889, huile sur toile
Musée d’Orsay

Document journalistique, l’ensemble reste concis mais informatif, sans oublier bien sûr de mettre en avant la dimension touristique du lieu, où de nombreux visiteurs alliant vacances et culture aiment se rendre. Là-encore, de quoi rendre l’art de Gauguin plus attractif aux yeux des curieux amateurs, eux aussi en manque d’inspiration pour… leur destinations de vacances ?!

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Classé dans Programmes télévisés, Vidéos

La peinture de Gauguin : des paradis calmes et voluptueux, aux allégories du péché et du regret.

Le site du Musée d’Orsay est l’un des sites que nous nous plaisons le plus à explorer. D’une part pour son interface aussi confortable qu’efficace, mais aussi en raison de ses collections qu’il sait y exploiter et mettre en valeur. Il propose, pour notre plus grande joie et attention, un grand nombre de notices complètes ainsi que des commentaires d’œuvres informatifs qui relèvent avec soin les caractères propres et essentiels à chacun des objets d’études qui sont traités.

Concernant les réalisations de Gauguin, nous comptons onze commentaires portant sur quelques-unes de ses peintures. Chacun comprend une description-analyse du tableau étudié, mise en relation avec des éléments biographiques de la vie de l’artiste, indispensables à la bonne compréhension des enjeux et aboutissements artistiques qui relèvent de ces créations.

Paul Gauguin,Arearea,© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Prenons par exemple le commentaire d’Arearea, une huile sur toile datée de 1892. Dans un premier temps, on apprécie le simple fait de pouvoir consulter une image de cette peinture de bonne qualité, avec possibilité de grossissement, mais qui surtout, présente une fidélité appréciable vis-à-vis de l’objet réel (couleurs et format non retouchés, ce qui constitue une source sûre pour les historiens de l’art que nous sommes).  Ensuite, vient le texte rattaché à cette œuvre et qui permet de saisir rapidement les principales idées et concepts qui s’en dégagent. Cela suffit parfois à assouvir quelque curiosité qui ne nécessite pas un approfondissement par la suite, mais il peut aussi ouvrir de nouvelles perspectives de recherches et réflexions lorsque l’on désire en savoir plus, notamment avec la notice complète qui nous est proposée et qui renseigne sur des œuvres pouvant mises en rapport, l’historique de l’objet, les expositions dans lesquelles il a été présenté, etc.

Dans le cas de cette œuvre-ci, l’accent est très vite mis sur la personnalité et les aspirations de Gauguin : séjours à l’étranger en quête d’authenticité et de mysticisme, intérêt pour les figures féminines, les couleurs vives appliquées en aplats, les formes et contours simplifiés…  Sa peinture mêle rêve et réalité. D’un côté on observe la représentation explicite d’une culture et d’une population dénaturées par la colonisation (les femmes ne sont plus nues et sont animées d’expressions mélancoliques) ; d’autre part, Gauguin reconstitue (au second plan) un monde sacré et spirituel, plus archaïque et apaisé, dans lequel on retrouve le primitif perdu.

Where Do We Come From? What Are We? Where Are We Going?

Nous pouvons comparer à cela le site du Museum of Fine Arts de Boston, qui lui aussi possède un très grand nombre d’œuvres de Gauguin et qui en dresse également des notices informatives, mais bien moins riches que celles auxquelles le Musée d’Orsay donne accès. Or là encore, il nous est cependant possible de consulter les cartels de multiples objets (une centaine environ) parmi lesquels des dessins, croquis, aquarelles, gravures, en passant bien sûr par ses sculptures et peintures. (On note que l’on peut sélectionner le type d’objets recherchés afin d’affiner ou accélérer nos recherches grâce critères proposés sur la colonne de gauche.) Si l’on reste dans ce dernier domaine, c’est-à-dire celui de la peinture, on compte cette fois cinq « notices numériques », dont celle de la célèbre toile D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, que nous avons choisi pour illustrer l’en-tête de notre blog !

Ici aussi, on apprécie la qualité des images qui sont fournies, y compris celle des détails, qui rendent mieux compte encore de la facture du peintre – chose que le Musée d’Orsay ne propose pas. En revanche, le commentaire rattaché à l’œuvre est bien plus succinct et n’offre ni bibliographie, ni liste des expositions au cours desquelles la peinture a pu être exposée. Toutefois, ce contenu, bien que plus concis, reste très intéressant dans le sens où encore une fois, il nous permet de cibler les particularités de l’artiste et de ces œuvres, toujours en lien étroit avec la notion de Primitivisme à laquelle nous nous intéressons.

Dans le cas de cette peinture-ci, il est expliqué que Gauguin livrait en quelque sorte son « testament pictural ». Débutée en 1897 puis achevée au cours de l’année suivante, à Tahiti également, elle incarne le sublime manifeste de l’art et de la pensée de l’artiste. La toile se lit de droite à gauche, nous livrant alors sur le principe de la narration continue le cycle -ou bien le sens- de la vie. Le tout est plongé dans un univers de symboles et d’éléments énigmatiques voire surnaturels, propres à la peinture de Gauguin.

Très sensible aux mystères du monde et de l’existence humaine, Gauguin, loin de tout et baigné dans un monde primitif empli de traditions originelles et sauvages de plus en plus altérées par la présence des missionnaires occidentaux, voyait dans cette œuvre le récapitulatif de tout ce qu’il avait pu réaliser et vivre jusqu’alors : « Il est vrai qu’on ne se juge pas bien soi-même mais cependant je crois que non seulement cette toile dépasse en valeur toutes les précédentes mais encore que je n’en ferais jamais une meilleure ni une semblable. J’y ai mis là, avant de mourir, toute mon énergie, une telle passion douloureuse dans des circonstances terrible et une vision tellement nette, sans correction, que le hâtif disparaît et que la vie surgit. » Alors dans une triste période de sa vie, la vision qui se dégage de cette peinture s’en retrouve intimement désenchantée. L’idée même de la mort comme thème, précédée par les symboles de la souffrance et du mal, montrent bien que Gauguin ne trouvera finalement plus ce qu’il recherche, à Tahiti comme aux Marquises. Il ne ressentira définitivement plus que du dégoût et de la haine envers les sociétés occidentales, ce qu’il n’hésitera pas à faire clairement transparaître au travers de ses dernières œuvres.

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