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Le primitivisme au delà de Gauguin…

Présentation du primitivisme

Detambel

Ayant déjà abordé Gauguin et sa vie dans les îles, il convient de nous intéresser au mouvement du primitivisme afin de mieux comprendre le rôle de Gauguin en son sein. Outre les articles encyclopédiques, certains sites ou blogs nous permettent d’avoir une nouvelle approche du sujet, plus critique. Ainsi, le site proche du blog de Régine Detambel, propose une approche transversale du primitivisme, présentant ses différents acteurs et précisant l’importance de Gauguin en son sein.

Nous présenterons d’abord ce site de façon formelle puis nous nous attacherons à son contenu.

D’abord, celui-ci se présente clairement grâce à une page d’accueil simple et à un menu présenté dans une colonne de gauche contenant 3 rubriques « écrire », « animer », « étudier ». Dans chaque rubrique, des onglets comme « essais », « conférence » ou encore « critique » nous permettent d’en savoir plus sur le travail de l’auteur. En effet, il est ainsi possible d’avoir accès à des documents tels que des vidéos, des post cast d’émission et des critiques de l’auteur. Ce blog a donc le mérite d’être clair, interactif et fonctionnel malgré le fait qu’il soit peu esthétique.

Mais il a également fallut s’interroger sur l’auteur pour pouvoir justifier la crédibilité de son propos… Ainsi une rubrique est destinée à sa présentation ce qui permet de donner plus de transparence à cette source. Régine Detambel est auteur depuis 1990 d’une œuvre littéraire publiée essentiellement chez Julliard, au Seuil et chez Gallimard. Elle a aussi été nommée chevalier des Arts et des lettres, lauréate du prix Anna de Noailles de l’Académie française et titulaire du prix Magdeleine-Cluzel pour l’ensemble de son œuvre. Ainsi, la multitude des prix dont elle a été récompensée peut laisser penser que ses publications sont fiables.

L’article en lui-même défini d’abord le primitivisme rapidement et en donne la genèse : Il nous explique que vers 1900 des artistes occidentaux s’intéressèrent fortement à des œuvres venues d’Afrique ou du Pacifique. Il raconte aussi le premier contact de cet art avec les artistes. Picasso et Matisse virent pour la première fois des statuettes africaines dans l’atelier de Derain vers 1905-1907. Derain avait été marqué par la visite en 1905 du « Musée nègre » de Londres (la collection ethnographique du British Museum) et cette vogue fut préparée par tout un mouvement ethnologique. Cela correspond à un véritable engouement en Europe à partir du XIXème siècle et se manifeste notamment pas le nombre croissant d’ouvertures de musées qui lui sont dédiés.

On peut ainsi lire que le primitivisme correspond à « la nostalgie éprouvée pour l’innocence d’un paradis perdu joint à l’insatisfaction manifeste, face à la civilisation occidentale » notamment de Paul Gauguin qui fut l’un des principaux initiateurs du primitivisme et l’un de ses fervents défenseurs. L’article revient aussi sur le grand rôle joué par le développement de la photographie comme modalité de représentations des arts japonais et du Pacifique dont s’inspirera l’artiste. Il s’agit donc d’un emprunt à ces arts primitifs.

L’article relate également de la tentative de l’historien de l’Art Robert Goldwater d’établir une typologie des différentes formes de primitivisme portées par les avants gardes dans son ouvrage Primitivism in modern Painting dès 1930. Ainsi, du « primitivisme romantique », édénique de Gauguin et des fauves qui aurait précédé en Allemagne le « primitivisme affectif » du mouvement die Brucke. Au primitivisme intellectuel de Picasso, s’oppose le primitivisme du subconscient du Douanier Rousseau, Paul Klee, Joan Miro ou Jean Dubuffet.

Mais l’auteur nous explique aussi la chute de ce mouvement : étant indissociablement lié à l’époque coloniale, il n’aura pas survécu au mouvement de décolonisation et à la mise à nu de ses idéologies.

Enfin, l’auteur donne une seconde définition du primitivisme entant que fascination pour les origines de l’Art et la lassitude des beautés classiques qui permettent la préférence donnée à des artistes ou à des époques dont l’Art était jusqu’ alors jugé archaïque. Ainsi, malgré le fait que cet article soit une présentation assez générale du primitivisme, il a pour intérêt de nous donner une idée plus précise de l’importance de Gauguin dans ce mouvement.

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« Enfant et sauvage »

Petites phrases, grandes histoires : Gauguin

 
Vidéos du Musée d’Orsay, également disponibles sur Youtube et Dailymotion

Le Musée National d’Orsay à Paris possède la plus grande collection d’œuvres impressionnistes au monde. Comme nous le savons, il présente de manière plus générale la peinture et la sculpture occidentale de 1848 à 1914, mais également l’architecture, la photographie et les arts décoratifs de cette même période. Parmi les objets présentés au public figurent de nombreuses réalisations de l’artiste auquel nous nous intéressons. En effet, il est possible de venir y admirer quelques toiles de Gauguin, mais aussi quelques sculptures et autres objets d’ornementation, tels que des coupes ou des vases.

Au-delà de cette palette d’œuvres précieuses que détient le Musée, il est possible d’approcher l’artiste sous un autre angle. Par le biais de son site internet, le musée propose une galerie vidéos dans laquelle diverses rubriques sont partagées : « 1 minute au musée » (de petits court-métrages sous forme de dessins animés, idéaux pour intéresser les enfants à une œuvre d’art), les vidéos des expositions, quelques extraits de spectacles présentés à l’auditorium, et… « Petites phrases, grandes histoires », la rubrique qui nous intéresse ici. En moins de cinq minutes et en partant d’une unique citation de l’artiste choisi, ces vidéos dressent tout un « portrait » concis, mais relativement complet, du créateur et de ses ouvrages.

L’une d’elle est donc fondée sur cette réplique de Gauguin, pour le moins représentative de son personnage ainsi que de son art : « Je ne suis pas ridicule. Je ne puis pas l’être. Car je suis deux choses qui ne le sont jamais. Un enfant et un sauvage. » A partir de ces quelques mots, le court-métrage (de 4,26min seulement) nous plonge dans l’univers original et primitif de l’artiste. Principalement ciblé sur cette volonté de Gauguin à s’éloigner de la société occidentale pour se rapprocher le plus possible des origines, du primitif, ce mini documentaire offre de manière ludique et limpide toute une approche à la fois biographique et artistique. En exploitant les propos mêmes de l’artiste et en les ralliant à quelques-unes de ses œuvres commentées, la notion de primitivisme dans l’art ainsi que le rôle joué par Gauguin dans ce domaine prennent rapidement un sens… Désir irrassasiable d’un renouvellement des formes artistiques. Contours et couleurs d’une simplicité honnête et franche, telle que celle que l’on trouve dans des dessins d’enfants. Expression brutale et sauvage comme « quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit »…

« Petites phrases, grandes histoires », étroitement en rapport avec notre thème, nous montre ce Gauguin à la fois « enfant et sauvage » qui s’entourait, cultivait, concevait et produisait primitif.

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