Archives de Tag: Commentaire

Musée des beaux-arts de Lyon

Lyon

Le Musée des Beaux-Arts de Lyon, fondé en 1801, détient en tout 2000 peintures dont 700 sont exposées au public, et parmi lesquelles apparaît, avec d’autres Impressionnistes, Paul Gauguin. Sans pour autant égaler le musée Thyssen-Bornemisza, son site est très bien organisé (plus clair que celui du MoMA) et fournit beaucoup de renseignements à l’internaute. Dans l’onglet « musée », nous avons accès à des informations à propos de sa fondation, de son histoire, et du bâtiment lui-même. Une visite virtuelle est proposée, mais elle s’avère décevante : il ne s’agit que d’une animation en 3D avec un tour panoramique de la cour intérieure. En revanche, les visites 360° sont plus intéressantes, car on a accès directement aux salles, avec la possibilité de faire des zooms modérés sur les œuvres. Dans la salle des Impressionnistes, on retrouve notre cher Gauguin avec son tableau Nave Nave Mahana de 1896. En cliquant sur le cadre, la notice s’affiche, ce qui marque un petit plus pour l’aspect interactif. Mais petit moins : le lien « + d’infos? » ne fonctionne pas, ou est mort. Pour accéder à la fiche de l’œuvre, il faut faire un petit détour par l’onglet « collection » du site, dans la catégorie « peintures ». Ici, le musée présente une sélection d’œuvres assez considérable, de Lucas Cranach à Francis Bacon, en passant par Ingres et Boucher.

Ainsi, nous avons accès à la reproduction de Nave Nave Mahana, avec une notice complète, des détails zoomés du tableau, et un petit commentaire de l’œuvre. Les 3 paragraphes du texte correspondent à la description, l’analyse thématique et l’histoire du tableau au sein du musée. Bien que le commentaire aie l’avantage d’être clair et concis, il reste peu édifiant. C’est alors que la petite case « en savoir + » vaut d’y faire un petit détour. Un petit texte retrace brièvement l’histoire de Gauguin à Tahiti, en soulignant la différence entre le premier séjour, « temps de l’éblouissement« , et le second, temps « de la solitude, de la maladie et de la dépression ».
Le site propose également un extrait (d’une minute 39) de l’audioguide à propos de l’œuvre, ce que peu de musées font. En un premier temps, nous avons à nouveau une description, plus creusée, de la scène et des couleurs. L’accent est mis sur l’aspect primitif de l’œuvre, rendu par l’immobilisme, la monumentalité des figures, la stylisation des formes et le rythme des éléments en frise. Ensuite, une voix d’homme lit un extrait du journal de Gauguin à propos de sa toile, dont il voulait que l’atmosphère soit « grave, comme une évocation religieuse ». À nouveau, on insiste sur l’écart entre la représentation paradisiaque et l’atmosphère réelle dégagée par les figures. On apprend à la fin que le musée de Lyon en fait l’acquisition en 1913, et qu’il s’agit alors de sa première œuvre achetée par un musée français.

Le musée des beaux-arts de Lyon s’avère généreux : il offre un aperçu et un commentaire de ses chefs d’œuvre, ce qui nous permet d’avoir accès de façon facile et agréable à ce très beau tableau de Gauguin, représentatif de son style primitif mais aussi de son état intérieur.

Poster un commentaire

Classé dans Musées et expositions

Fan de Gauguin

Gauguin fan est un blog personnel sur Blogspot, site tout aussi facile d’exploitation que WordPress, bien que plus simple d’apparence. Il propose, en sous-titre, une « étude de la personnalité, de la motivation et de l’art de Paul Gauguin ». Étant donné le titre et les ambitions posées, nos espérances sont grandes, mais le résultat est moins convaincant.
Commençons par l’organisation visuelle du blog. Premièrement, nous remarquons l’absence de pages, ce qui empêche à l’internaute de s’orienter plus facilement sur l’interface. L’auteur a organisé (assez maladroitement), des catégories pour trier ses articles et ses onglets : dans « Image Sources », il précise l’origine des images, ce qui est toujours bienvenu, dans « Italian Art », qui est complètement hors-sujet, on retrouve néanmoins une version numérique de l’ouvrage Noa-Noa en anglais, dans les archives de « Mars 2007 » sont regroupées les commentaires d’œuvres concernant sa période primitiviste, et dans les archives de « Février 2007 », quelques commentaires d’œuvres symbolistes. Les articles sont par ailleurs classés en ordre chronologique, du plus ancien au plus récent (de 1886 à 1896).
Le blog offre ainsi de n0mbreux commentaires d’œuvres, toujours en anglais. Les images sont jointes, mais aucune légende précise n’est ajoutée. De plus, en dehors du manque d’informations à propos de l’auteur du blog, ce mystérieux inconnu ne cite aucune de ses sources, ce qui questionne la fiabilité de ses propos, qui ne sont pourtant pas inintéressants.
En effet, en dehors de ces nombreux bémols, le blog est intéressant sur plusieurs points. Pour chaque œuvre, nous avons le droit à une petite mise en contexte, avec soit des renseignements biographiques sur Gauguin, ou alors des informations d’ordre esthétique, concernant ses techniques picturales. Par exemple, si l’on en croit ses dires, nous apprenons que Gauguin était mécontent de son tableau Ta Matete de 1892. À plusieurs reprises, nous retrouvons la critique assez commune de l’emploi de stéréotypes et d’idéalisations par Gauguin, mais elles ne sont que brièvement évoquées, et parfois récusées. Il mentionne aussi souvent l’emploi du synthétisme dans les œuvres primitives de Gauguin, ce qui est une bonne remarque. Les œuvres sont décrites un peu à la va-vite, sans analyse picturale poussée, ce qui est un peu dommage, et souvent le lien entre le contexte biographique et les éléments picturaux sont un peu précipités. Par exemple concernant Eiaha Ohipa (Ne pas travailler), il établit un lien direct entre l’acceptation de Gauguin de son échec matériel et son retour à des sujets plus simples et moins idéalisés. Cela ne veut pas dire que le rapprochement est fallacieux, simplement le lecteur voudrait éventuellement avoir plus d’informations à ce sujet.

Malgré l’organisation maladroite du blog, les articles restent intéressants pour l’internaute qui veut découvrir les œuvres de Gauguin sans avoir trop d’informations. Cependant, les commentaires, qui restent judicieux, mériteraient d’être complétés de sources ou d’autres indications pour le lecteur, car il reste ici dans le superficiel. Un vrai « fan » de Gauguin aurait sans doute fait une étude plus approfondie de son peintre favori !

Poster un commentaire

Classé dans Blogs et sites personnels

Le musée Solomon R. Guggenheim

guggenheim

Le musée Guggenheim de New York est probablement le plus connu des différents musées d’art moderne crées par la fondation Solomon R. Guggenheim. Parmi les nombreux artistes présents dans ses fonds se trouve, évidemment, Gauguin.
Comparons un instant le site de ce musée avec celui d’un autre grand musée d’art moderne New-Yorkais: le MoMA, déjà étudié dans un article ultérieur. Ils ont en commun un grand avantage, contrairement à d’autres sites tels que celui du Centre Pompidou, celui de proposer une grande partie numérisée de leur collection, ainsi que le répertoire complet de leurs expositions passées. Si le Guggenheim se contente d’une courte description surplombée d’une image, celui du MoMA, comme nous l’avons déjà vu, accompagne souvent la description de l’exposition d’une page à part entière qui reprend l’exposition, ce qui est bien sûr une chance immense pour l’internaute qui n’a pas pu se rendre à New York pour l’occasion, d’autant plus que les pages sont interactives et que le thème esthétique de leur interface est recherché et lié au sujet. De plus, le Guggenheim n’offre pas de biographie d’artiste aussi longue que le MoMA, ni de diaporama aussi complet. Quel reste alors l’avantage propre au site du Guggenheim ? Son interface est plus claire et lisible que celle du MoMA, où les fenêtres glissent et les onglets et barres de recherches foisonnent. Si les informations sont moins fournies, elles sont mieux classées (par artiste, par période, par médium et par courant) et plus agréables à lire. Il ne faut pas sous-estimer le poids de la collection numérique proposée par le Guggenheim, qui se flatte de montrer plus de 1100 œuvres de 450 artistes différents, ce qui est considérable.
Ainsi, en tapant dans la barre de recherche de l’onglet « Collection », l’internaute se retrouve sur une page avec deux paysages du peintre : Haere Mai (1891) et Dans la vanillère, homme et cheval (1891). Évidemment, il ne faut pas s’arrêter là. En cliquant sur les images, nous avons accès à un article très intéressant au sujet de ces deux œuvres, rédigé par Nancy Spector, chef-curatrice du musée. Ce texte, bien qu’il soit écrit en anglais, est très clair et dit l’essentiel en deux paragraphes. Il nous concerne tout particulièrement dans la mesure où il traite des scènes de paysages de Gauguin en lien direct avec le Primitivisme, concept sur lequel nous avons plus de détails dans un autre article, par un lien hypertexte. Bien que ce dernier ne nous apprenne rien de nouveau sur ce courant de pensée, il reste intéressant par sa densité : le plus important y est dit, en peu de mots. Cela permet également d’observer à quel point le site est bien mené, en laissant le visiteur virtuel se balader de tags en tags et de liens en liens, par exemple concernant les artistes expressionnistes inspirés par l’art « primitif ».
Retournons au premier article… En comparant le commentaire au tableau, on s’aperçoit en effet du caractère imaginaire voire idyllique de ses paysages, ce qui est propre à la volonté des artistes « primitifs » de mêler mythes et réalité à travers des éléments plastiques forts. Ici, ce qui ressort, c’est la simplicité des formes et le contraste des couleurs vives qui ressortent, ce qui fait penser à une tapisserie. Au sujet d’Haere Mai, une petite anecdote ressort : dans le coin inférieur droit du tableau, Gauguin a inscrit « haere mai », « viens ici » en tahitien, ce qui ne fait pas vraiment de sens, mais révèle bien l’entreprise du peintre, qui veille à faire ressortir le côté exotique et mystérieux de ses toiles.

Paul Gauguin, Dans la vanillère, homme et cheval, 1891, 73 × 92 cm, huile sur toile, Musée Solomon R. Guggenheim, New York.

Paul Gauguin, Dans la vanillère, homme et cheval, 1891, 73 × 92 cm, huile sur toile, Musée Solomon R. Guggenheim, New York.

Le site du fameux musée vaut le détour, pour gagner quelques connaissances précises en peu de temps (à part, pour certains, pour le déchiffrage), ainsi que pour le plaisir de naviguer de page en page, à la découverte des courants liés à l’artiste (voire les tags sur le Symbolisme, etc.).
Mais pourtant, il nous a fallu du temps avant de découvrir l’existence de ces articles, car le site du Guggenheim n’apparaît pas dans les premières pages de recherche google, malgré leur prédilection apparente pour les mots-clés. Ainsi, c’est la très pratique base de données en ligne Artcyclopedia, qui effectue le travail de recherche à notre place, en partie. En effet, le site, qui répertorie plus de 2 300 sites d’art, nous indique une liste de sites en rapport avec le sujet tapé. Malgré son manque d’esthétisme flagrant, il n’en demeure pas moins bien organisé : selon les artistes, les mouvements, les sujets, la nature du site, etc. « Au nom de la lisibilité », le site organise ensuite notre recherche en sous-catégories : musée, marché de l’art, archives d’images, sites divers, articles, livres, galeries.
En ce qui nous concerne, c’est avant tout les musées qui vont nous intéresser, car les articles ne traitent pas de notre sujet et les liens sont souvent morts. Autre point négatif : le Primitivisme n’apparaît pas du tout comme résultat dans le moteur de recherche…
Il faut donc, à partir des noms de musées, se mettre à fouiller sur leurs sites à la chasse aux informations.

Poster un commentaire

Classé dans Musées et expositions

Sculpture primitive : l’expression de « ce malgré moi de sauvage »

Dans la liste des œuvres commentées disponible sur le site du Musée d’Orsay, se trouvent quelques explications d’objets dont on ignore souvent l’existence au profit de ses peintures : les sculptures de Gauguin. Ce type de ressources constituait donc un contenu idéal pour que nous en parlions à notre tour, enfin !

(Nous ne reviendrons pas sur le site du Musée en lui-même, étant donné que nous l’avons commenté précédemment et que peu de critiques à son sujet peuvent être faites, ou selon nous du moins…)

Revenons aux œuvres…

Bas-reliefs sculptés et statuettes de bois ou de pierre… En effet, ce ne sont pas les premières images qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on évoque le célébrissime Paul Gauguin. Pourtant, ces objets constituent des pièces tout aussi importantes que les peintures et autres productions graphiques de l’artiste, puisqu’elles révèlent aussi son intérêt profond pour les populations du Pacifique et leurs croyances mystiques souvent complexes.

Gauguin était sans cesse à la recherche de davantage de mysticisme et de traditions, qu’il retranscrivait dans ses œuvres sous forme de symboles et au travers d’une « naïveté plastique » presque rudimentaire, archaïque. Si l’on comprend aisément qu’en peinture, tout ceci se traduit par une perte de la perspective et du dessin académique, par l’emploi de couleurs vives parfois inappropriées aux éléments pour lesquels le peintre les choisissait (combien de fois lui a-t-on reproché des chevaux ou des chiens « trop verts » ?)… En sculpture, il est question de plus de « sauvage » encore, d’autant plus que Gauguin ne possède aucune formation dans ce domaine. Expression, création et découverte sont de mise. En taillant directement les supports, à l’aide d’un simple couteau ou de ciseaux, Gauguin livrait des panneaux décoratifs rayonnants par leur simplicité et leur franchise (tant stylistique que morale), des cadres historiés symboliques et personnels, des bas-reliefs colorés qui dévoilent l’intimité mystérieuse et charnelle des Tahitiennes… Mais aussi des statuettes étranges, souvent qualifiées de « bibelots », car non saisies dans leurs significations et invendables.

Prenons l’Idole à la coquille

Paul Gauguin,Idole à la coquille,© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Gérard Blot

Paul Gauguin (1848-1903)
Idole à la coquille
Entre 1892 et 1893
Statuette en bois de fer, nacre, dent et en os
H. 34,4 ; L. 14,8 ; P. 18,5 cm
Paris, Musée d’Orsay

Bois, os, dent, nacre… La base même de l’œuvre fait appel au Primitif, à la Nature. La figure principale est assise, munie de dents incroyables. Membres allongés, déformés… Mouvements sensuels rappelant ceux du Tamure, une danse traditionnelle de Tahiti… L’Idole nous apparait tel un totem. Gauguin avait l’inspiration sous ses yeux et le talent au bout de ses doigts. Ceci couplé à une soif insatiable de légendes et de nouveauté, ses créations (et celle-ci plus encore) transpirent de son aspiration à rendre visible l’insaisissable, à créer du mythe avec des formes simples.

Bref : encore une fois, nous sommes séduites et satisfaites des commentaires que le Musée met à notre disposition (et, y compris, des notices qui les accompagnent). Assez complets pour se faire une idée de l’objet et/ou de l’artiste ainsi que pour mieux les comprendre, ils sont aussi suffisamment concis pour laisser subsister une part de curiosité chez les plus avides de connaissances, et donc la possibilité d’aller chercher ailleurs d’autres informations si on le souhaite !

Et pour admirer plus d’objets sculptés, venez donc faire un tour par ici !

Poster un commentaire

Classé dans Musées et expositions

La collection du MoMA

Image

Le MoMA (Museum of Modern Art) est un musée d’art moderne et contemporain new-yorkais, inauguré en 1929 et constituant aujourd’hui l’une des plus grandes collections du monde d’art de cette époque, avec le Centre Pompidou et la Tate Modern. Son site, en plus d’être esthétique en restant sobre, est très complet et propose une rétrospective précise et interactive de toutes les expositions passées du musée (exemple de l’exposition sur « Van Gogh et les couleurs de la nuit » de 2008-2009). En allant dans l’onglet « explorer », on retrouve facilement une page avec une liste des artistes de la collection du MoMA, parmi lesquels figure Gauguin.
La numérisation de leur collection propose une série des images des œuvres : nous avons alors accès aux 26 œuvres de Gauguin que le musée possède, dont 20 œuvres sur la période qui nous intéresse, et dont de nombreuses gravures. En cliquant sur une image, on accède à une page avec une reproduction de l’œuvre sur la gauche, son cartel complet sur la droite, des commentaires de la galerie ou des extraits de publications du musée concernant l’œuvre en question, ainsi que des liens (quelque peu publicitaires) vers des publications « en rapport » avec le sujet. Par exemple, on peut trouver une vidéo qui offre une analyse descriptive de l’œuvre La lune et la terre de 1893 par une curatrice et sa transcription textuelle.
En accompagnement de ce support visuel, le site du MoMA propose un texte informatif (lui aussi disponible qu’en anglais) sur l’artiste, visible sous le « slide » d’images. Ce texte semble venir des fonds de presse de l’université d’Oxford, comme le montre le copyright. Il est divisé en quatre parties : une introduction qui présente Gauguin, une partie sur sa vie et son œuvre avec des sous-parties chronologiques, une partie sur sa méthode et ses techniques et une partie traitant de ses influences (autant reçues que perpétuées) et de sa réputation, puis en annexe une bibliographie très complète pour aller plus loin. L’avantage du texte est d’être très bien rédigé et très complet, surtout au sujet de la vie de l’artiste, truffée de précisions et de dates. Il est également intéressant d’avoir une partie entièrement dédiée à sa technique picturale, ce que l’on trouve en général peu souvent sur les sites de musées. Concernant notre sujet, on y retrouve une petite analyse de sa méthode inspirée des arts primitifs, notamment pour ses objets sculptés, peu commentés sur les autres sites. Le seul inconvénient ne peut être que la langue, bien que le style ne soit pas difficile.
Si ce site est un bon exemple de ce que devraient proposer les musées pour leurs collections et leurs expositions, il est également un bon support pour notre sujet, mais davantage comme base de travail méritant d’être approfondie suivant les sujets puisés dans les images et les textes de la page.
À quand ce type de page pour le site du Centre Pompidou ?

Poster un commentaire

Classé dans Musées et expositions