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Gauguin et Pont-Aven : première source d’inspiration

Avant de partir dans les îles, Gauguin trouva son inspiration première et le « sauvage » qu’il affectionnait dans le Finistère, à Pont-Aven. Là-bas, où se mêlent la campagne et ses rivières ainsi que la mer et ses plages, l’artiste peint et regroupe des artistes venus pratiquer à ses côtés, à la recherche de renouveau dans leur art.

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Paul Gauguin
Têtes de bretonnes
1894, Pastel
Pont-Aven, Musée municipal

Nous avons déjà abordé les programmes télévisés disponibles en rediffusion sur le net. Voici un nouvel exemple, qui ne surprendra sans doute personne mais qui conforte notre idée d’une diffusion des médiums et des ressources liées à l’Histoire de l’Art, et plus encore à notre sujet. TF1, l’une des chaînes télévisées françaises les plus connues et visionnées dans le pays, propose elle aussi son site de rediffusion, évidemment. Son interface est tout aussi claire et fonctionnelle que celle choisie par le groupe France Télévisions. En haut de la page d’accueil, la traditionnelle barre de recherche. Un peu plus bas, des onglets distribuant par thèmes les documents numérisés : société, monde, politique, économie, etc. Plus bas encore, le site offre la rediffusion de chacun de ses « Journal de 13h », magazines, et autres émissions ayant été retransmises en direct sur la chaîne. Jusqu’ici… Rien de bien original, mais avouez que chacun y trouve parfois son compte.

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« Paul Gauguin ». Nos mots-clés, une fois encore, que nous lançons au travers de la barre de recherche. La liste des résultats nous offre quelques reportages pouvant être intéressants. Parmi eux : « Pont-Aven, source d’inspiration pour Gauguin », le plus en rapport avec notre sujet. Tiré d’un journal de 13h présenté par Jean-Pierre Pernaut, le reportage nourrit la série portant sur les lieux ayant inspiré de nombreux peintres. Courbet et Renoir, entre autres, avaient ainsi fait l’objet de reportages précédents, de même que Van Gogh à Arles allait être traité le jour suivant. Pendant un peu plus de trois minutes, les journalistes de la chaîne Dominique Lerain et Eric Delpech présentent Pont-Aven et les sites sur lesquels Gauguin aimait se rendre pour pratiquer. Le lieu, en plus de présenter une nature préservée aux multiples facettes plaisant au peintre, constituait une « retraite financière » bien plus paisible qu’à la capitale. En effet, Gauguin et les jeunes artistes qui le rejoindront sur place jusqu’à fonder la fameuse école de Pont-Aven, trouvent ici la possibilité de vivre à moindre coût, notamment grâce à la pension de Marie-Jeanne Gloanec, tout en ayant à leur disposition de quoi s’émerveiller, partout autour. C’est ainsi que Gauguin réalisera là-bas quelques-uns de ses tableaux les plus célèbres. En partant des croquis qu’il faisait en extérieur, il donna vie ensuite, dans son atelier privé, aux chefs-d’œuvre Le Christ Jaune (renvoyant directement au Christ de la Chapelle de Trémalo) ou encore à La  belle Angèle.

Paul Gauguin
La belle Angèle
1889, huile sur toile
Musée d’Orsay

Document journalistique, l’ensemble reste concis mais informatif, sans oublier bien sûr de mettre en avant la dimension touristique du lieu, où de nombreux visiteurs alliant vacances et culture aiment se rendre. Là-encore, de quoi rendre l’art de Gauguin plus attractif aux yeux des curieux amateurs, eux aussi en manque d’inspiration pour… leur destinations de vacances ?!

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Classé dans Programmes télévisés, Vidéos

Un court- métrage d’Alain Resnais sur Paul Gauguin

Capture d'écran Dailymotion

Dailymotion est une entreprise d’origine française offrant un service d’hébergement, de partage et de visionnage de vidéos en ligne. Il s’agit actuellement du 31ème site le plus fréquenté au monde avec 116 millions de visiteurs par mois. Site sur lequel, moyennant la création d’un compte, tout internaute peut ajouter du contenu. Il peut donc s’agir d’une riche source d’informations pour notre recherche…Outre sa barre de recherche, le site propose aussi une page d’accueil proposant des vidéos classées par rubriques (« humour », « sport », « musique »…) à l’adresse des curieux.

Dans le but d’une recherche précise, grâce à sa barre de recherche pratique et directement accessible ce site nous offre une sélection de vidéo relatives à Gauguin ou à son œuvre. Mais il s’agit de manières générales de citations.

Il nous propose aussi un court métrage d’une douzaine de minutes (12’31 mn) d’Alain Resnais, simplement intitulé Alain Resnais- Paul Gauguin qui relate la vie du peintre, le tout illustré par son œuvre. Ce cours métrage est produit par Cinédis, sur une musique de Darius Milhaud, la voix off étant interprétée par Jean Servais (célèbre acteur belge)  et sur un texte en grande partie fondé sur des citations du peintre. Malgré le fait que ce documentaire en noir et blanc semble daté de la fin des années 50, aucune date n’est disponible et il est donc impossible de le situer précisément dans le temps.

La première partie du film raconte la rupture de Paul Gauguin avec sa vie, abandonnant Paris et son foyer pour la peinture. Il connait alors la faim, le froid, la solitude et vit dans la pauvreté. Cette misère est un empêchement au travail. Il désir ardemment fuir Paris un « Désert quand on est pauvre ».

Il part donc se réfugier à Pont Aven en Bretagne, en bord de mer (deuxième partie du documentaire). Il y vie à la manière des paysans, sous le nom de « Sauvage ». Il y découvre « le Sauvage et le primitif ». Il se plait d’abord profondément en Bretagne et développe un style animé et vivant. Mais il se sent poursuivi par sa vie Parisienne au point de le décourage de peindre… Cette partie s’achève sur une explication du Christ Jaune en Croixpeint en1889. Cette peinture est –comme nous avons pu l’expliquer précédemment- le symbole du sacrifice « inutile » qu’il a pu faire de sa vie. Cette œuvre est donc encore une fois interprétée au regard de sa biographie. Lassé de cette vie Bretonne, il décide de partir vivre sur une île en Océanie vivre de « Calme et d’Art ».

La 3ème partie du documentaire relate son arrivée à Tahiti après 763 jours de trajet en bateau. Il effectue une description idyllique et paradisiaque de son cadre de vie, sa case étant située entre montagne et mer. Ce propos est appuyé par des peintures de plus en plus primitives. Il est véritablement amoureux de l’île, vit entouré de sa « race la plus belle du monde » et s’adonne à une vie d’oisiveté et rend grâce à la beauté des tahitiennes. Ces paroles sont illustrées de nombreuses peintures de vahinés valorisant leurs visages souriants et leur grâce. Il loue leur amour de la vie en expliquant qu’elles ne vivent que pour le plaisir (vision qui traduirait selon nous un archétype de l’époque).

« Elles chantent l’amour qu’elles invitent et qui va venir avec la nuit ».

Gauguin évoque aussi les grandes peurs : peurs sacrées, religieuses, de la Mort, émanant des grandes forces de la Nature (ces paroles sont illustrées de peintures de vestiges archéologiques de figures sacrées). Cette peur est clairement soulignée par la musique et les reproductions de peintures.

Enfin, la quatrième partie relate l’amertume du peintre quant à sont choix de cette vie à Tahiti « Folle et triste aventure ». Il vie désormais dans la vieillesse, misère, maladie et souffrances qui le conduisent à ne plus pouvoir peindre, à regretter femme et enfants. Selon ce documentaire, il souhaite désormais la mort. Le documentaire semble sous entendre que le peintre était nostalgique de la France et de la Bretagne. Gauguin serait mort laissant un tableau de la Bretagne sous la neige inachevé, le 8 mai 1903. Selon ce récit Gauguin  serait mort seul, abandonné de tous et dans le regret de cette vie gâchée.

Cette vidéo fort intéressante par son ancienneté et par l’illustre réputation de son réalisateur reste tout de même à relativiser quant aux informations qu’elle apporte. En effet, malgré les citations du peintre utilisées, elle ne dévoile que partiellement la vie de Gauguin faisant l’impasse sur sa de marin, au Danemark, sa vie de peintre à Arles et surtout dans les îles marquises où il décèdera. Sa Biographie est donc vraiment résumée au détriment de nombreux éléments importants. Cependant, cette vidéo est un véritable témoignage de son époque, notamment quant à son accent tragique et la musique d’influence expressionniste choisie qui en font en grande partie le charme.

L’autre élément appréciable –malgré le noir et blanc- réside dans le choix des toiles choisies pour illustrer le propos ainsi que dans les gros plans effectués sur des détails des œuvres.

Il s’agit donc d’un documentaire d’époque appréciable. Cela est aussi un avantage du site Dailymotion qui malgré les inconvénients que peuvent représenter le fait que tout internaute puisse publier du contenu, permet aussi l’accès à des documents d’archives rares. Cela permet à l’internaute d’avoir accès à une riche mine d’information depuis chez lui ce qui n’aurait jamais été possible sans cet outil…

 

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El Museo Thyssen-Bornemisza

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Musée d’art ancien, moderne et contemporain situé dans la capitale espagnole, le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid possède une collection importante d’œuvres du XIXème siècle et de l’impressionnisme, mais aussi des avant-gardes du XXème siècle, dont une dizaine d’œuvres de Paul Gauguin.

Son site internet est tout à fait remarquable et nous avons été agréablement surprises de l’ensemble des contenus et services qu’il offre aux internautes…

Avant toute chose, soulignons l’avantage de cette page d’accueil à l’interface plaisante, épurée et fonctionnelle. Seul bémol ? Les deux versions qui sont proposées sont en anglais et en espagnol. Mais il ne faut surtout pas s’arrêter à cela, vous passeriez à côté d’une perle du net… que nous allons analyser pour vous !

Comme tout bon site normalement constitué, une barre de recherche sur la droite permet de procéder à des recherches directes et rapides. Si l’on y tape « Paul Gauguin », on accède à une liste de résultats en lien direct avec l’artiste ou bien qui y sont rattachés de manière plus générale. On peut alors lire une biographie de Gauguin et un commentaire pour chacune de ses œuvres que le musée détient ! Photographie des objets, légendes, explications… De véritables petites fiches de présentation, comme peuvent le proposer les musées du Louvre et d’Orsay, à la différence que les notices ne mentionnent pas de références bibliographiques sur lesquelles nous pourrions nous rediriger. En revanche, le musée Thyssen nous propose d’autres artistes ou pièces pouvant être rattachés à notre objet d’étude initial : artistes de la même période chronologique, du même courant artistique, etc.

A droite, une succession d’onglets nous redirigent vers les thèmes de notre choix…

  • « Collections » ouvre sur une page qui nous explique les provenances des collections et donc des œuvres, des acquisitions, etc. puis donne accès à des sous-rubriques telles que « artistes » (répertoriés par ordre alphabétique), « chef-d’œuvre »…
  • Il est même possible de visiter virtuellement l’intégralité du musée ! Ses niveaux et ses salles ont été filmés de sorte qu’un logiciel nous permet, à l’aide de quelques clics seulement, de déambuler au sein de l’établissement et devant les œuvres ! On accède ainsi aux plans du musée, on évolue de salle en salle et un guide audio traduit dans cinq langues différentes, y compris en français, est mis à notre disposition ! Si l’on clique sur une œuvre, le site nous redirige vers sa fiche de présentation explicative… Une visite virtuelle ludique, maniable et pratique, mais surtout enrichissante puisqu’elle nous permet de visiter le musée et d’admirer ses œuvres  comme si nous y étions… ou presque.
  • Dans la rubrique « Expositions », le musée répertorie les expositions passées, en cours et prochaines. Et c’est ici qu’une ressource en particulier a retenu notre attention… Du 9 octobre 2012 au 13 janvier 2013, le musée a abrité une exposition « Gauguin and the Voyage to the Exotic ». L’ensemble de l’expo a été numérisé et archivé : présentation, blog retraçant la réalisation, brochure, vidéos et visite virtuelle… Tout est à notre disposition pour découvrir ou bien pour revivre l’évènement ! Et ceci est aussi valable pour un tas d’autres expositions qui ont eu lieu dans ce même musée. Un atout gigantesque, que l’on savoure grandement.
  • « Studies of the Collection » contient tout autant de merveilles. En effet, le musée publie en ligne des articles de son périodique Open Windows : en français Fenêtres ouvertes, titre qui n’est pas sans rappeler la célèbre métaphore d’Alberti dans son traité De Pictura. La revue en ligne réinterprète des œuvres du musée à la lumière de nouvelles découvertes. Elle paraît trois fois par an et constitue le fruit des recherches menées par l’équipe de conservation, qui remet ainsi à jour connaissances et interprétations des œuvres auprès de la communauté universitaire comme du grand public intéressé. De même, « Restauration » nous fait part des travaux de recherches ou de restauration que le musée a effectué et en explique tant les enjeux que les techniques employées. Dans « Technical Studies » (Etudes techniques), on accède à des dossiers numériques décrivant les restaurations intégrales d’œuvres : démarches suivies, outils et méthodes employés… le tout richement documenté et illustré.
  • Les rubriques qui suivent permettent de s’informer sur le musée en lui-même ainsi que sur les activités et évènements qui y prennent lieu.

Revenons aux ressources en lien avec notre sujet et commençons par nous pencher sur la brochure de l’exposition qui nous intéresse.

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Les textes sont, là aussi, transcrits en espagnol et en anglais. Ils suivent le plan de l’exposition, qui comprenait les thématiques principales suivantes :

–          La figure de Gauguin et le Primitivisme exploré dans sa version exotique, en Martinique puis à Tahiti

–          L’influence de ses œuvres dans l’art moderne et les avant-gardes du XXème siècle

–          La conception moderne de l’exotisme et son rapport avec l’ethnographie

Chaque problématique abordée dans l’exposition est traitée dans la brochure au travers d’une explication concise et d’une toile illustrant le propos… Le tout en ressort salutaire car très instructif :

« Invitation au voyage » : Gauguin, tout comme Delacroix, fut l’un des premiers artistes à peindre des paysages d’ailleurs. Les siens, emplis d’exotisme et de couleur, révèlent souvent des scènes intimes dépeignant les populations indigènes et leurs modes de vie.

« Aller et retour, Martinique » : l’importance décisive de son séjour là-bas dans les années 80, en tant que première expérience de voyage comme peintre à proprement parler, mais aussi parce qu’après cela, Gauguin ne quittera plus jamais sa quête du Primitivisme qu’il cherchera sous toutes ses formes dans le Pacifique.

« Le Paradis Tahitien » : isolé dans son nouvel atelier d’Océanie, Gauguin réalise un grand nombre d’œuvres que lui inspire la culture maorie. D’abord dans un style synthétique où « couleur » prime sur « forme » puis, plus tard, dans une ambiance plus mystique et sombre, révélatrice de la détérioration des santés physique et morale de l’artiste.

« Sous les Palmiers » : arrivé à Tahiti, Gauguin a vite su allier Primitif et Sauvage au sein de sa production. Pour lui tout est clair : il n’est plus question d’imiter simplement la Nature, mais de transcrire les sensations éprouvées lorsqu’on la contemple au travers de ses rêves. La relation entre la Nature et le Sauvage, réelle ou imaginaire, est le moyen de retrouver bonheur et innocence, le vrai sens de l’art. Cette vision des choses sera aux sources mêmes des inspirations d’artistes tels qu’Henri Rousseau et Matisse, Emil Nolde et Max Pechstein ou encore Août Macke et Franz Marc. Le « monde de la jungle » permet ainsi de surmonter la crise des valeurs esthétiques, morales et politiques et d’atteindre, au-delà des limites imposées par les règles académiques de l’époque, des expressions et canons artistiques nouveaux.

« L’artiste ethnographe » : cette appel de la différence, qui est à l’origine du développement du Primitivisme chez (et par) Gauguin, est largement visible dans les nouvelles relations que les artistes entretenaient avec l’ethnographie. Le Primitivisme nous rallie au « Primitif », à « l’Autre » au travers d’une l’image qui nous est dépeinte et que nous regardons. On y admire l’étrange, la différence. Gauguin fut le premier à être séduit par cette différence au point d’y consacrer entièrement sa vie et son art…

Ainsi donc, la brochure numérisée cerne l’essentiel de l’exposition et nous le livre en quelques pages.

Le blog du « making of » nous renseigne quant à lui sur la mise en place de l’exposition : de l’accrochage des tableaux à la réalisation du catalogue, en passant par la prise en charge des œuvres. Ceci est extrêmement intéressant, d’autant plus que ce type d’informations n’est que rarement accessible au public… Pourtant, elles permettent de se rendre bien compte du travail que tout cela implique et pour les étudiants qui rêvent de devenir commissaire d’expositions, disons que… « Ça met l’eau à la bouche » !

Il est aussi possible de visionner des vidéos qui présentent l’exposition ainsi que le cycle de conférences  « Paraísos » (Paradis) organisé par le département de Peinture moderne du musée, en lien avec l’exposition, mais… En espagnol non sous-titré : avis donc aux bilingues ou aux plus courageux d’entre vous !

En conclusion…

Photographies, commentaires, revues et brochures numérisées, visites virtuelles… Une diversité des médiums, une richesse informative et visuelle telles qui font que ce site de musée s’impose comme un élément incontournable dans notre discipline. En fait, il entre parmi les 151 institutions ayant rejoint le « Google Art Project » qui, grâce à sa nouvelle technologie Street View, a permis la numérisation en 3D de 32000 œuvres, dispersées partout dans le monde dans une quarantaine de pays. Les œuvres, l’art et son histoire et donc la culture se retrouvent en haute résolution sur nos écrans, à portée de main. Des musées virtuels que l’on apprécie tant lorsque l’on ne peut se déplacer que pour préparer sa visite !

Et sans oublier que dans le cadre de nos recherches personnelles, de pareilles ressources sont un accès direct à des données fiables et captivantes… Tout ce qu’on aime !

(Un bonus pour les hispanophones : un article à propos de l’exposition, publiée sur le site « El Cultural ».)

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Un bref récit de la Vie de Paul Gauguin aux îles Marquises…

Regard éloigné est un blog tenu par un auteur inconnu. Il s’agit d’un blog dédié à la culture et à l’anthropologie, créé en 2006. Il contient de nombreux articles concernant l’anthropologie, l’archéologie, l’Art forts riches et documentés.

La page d’accueil d’apparence extrêmement simple contient 4 onglets « accueil », « archives » (qui permet de retrouver les articles classés par mois et année d’édition ainsi que par catégories telles que « actualité », « Afrique » ou « anthropologie »), « profil » (malheureusement non renseigné) et « s’abonner ».

Ainsi un article du 11 décembre 2010 intitulé « Mourir aux marquises ! » Paul Gauguin et le primitivisme, nous amène directement à notre sujet de prédilection qui est –rappelons le- Paul Gauguin et le Primitivisme.

Au premier abord l’article est richement illustré de cartes, de reproductions d’œuvres, de documents et de lettres. Il contient aussi de nombreuses citations. Cela permet une approche fort enrichissante et attrayante.

L’article raconte l’arrivée de Gauguin à Atuona, ville de l’île marquisienne d’Hiva Oa le 16 septembre 1901 (réputée la terre la plus lointaine d’un archipel composé de 9 îles qui fut découvert par les Européens à la fin du XVIème siècle). L’auteur nous fait alors une description géographique et historique de l’île. Nous découvrons ainsi que depuis sa colonisation la démographie de l’île ne cessait de chuter en raisons des épidémies et de l’instabilité politique dont elle est la cause. L’île passe ainsi de 90 000 habitants à 4000 au moment de l’arrivée de Gauguin.  Cependant, cette île était encore considérée comme un territoire « inaltéré » et Gauguin espérait y rencontrer une culture qui concordat plus exactement avec ses rêves tahitiens tel qu’il l’écrit à son ami Daniel de Monfreid.

Il s’installe dans le village d’Atuana et y achète un terrain auprès de la mission catholique locale qui possédait toute l’île. Il y fit construire sa dernière case, « la maison du jouir ». L’artiste la décorera de panneaux de bois sculptés et peints, reprenant de nombreux motifs déjà utilisés dans ses tableaux et sculptures. Il s’installe avec Marie Rosé Vascho, jeune vahiné de 14 ans qui met au monde une fille, Tahiatikao mata. D’après le témoignage du pasteur Vernier, missionnaire de l’Eglise réformée d’Atuoana, Gauguin aimait sa vie dans la colonie et y était intégré. Bien que malade et au prise avec la gendarmerie, il réussit à peindre, écrire, dessiner, sculpter et à créer quelques chefs d’œuvres.

A la fin de son second séjour tahitien, Gauguin avait adopté un mode de vie résolument occidental et c’était bien inséré dans la communauté européenne de Tahiti. Le sort des indigènes ne l’intéressait pas. Il en va autrement lors de son séjour aux Marquises : pour la première fois il sympathise avec des locaux et créé de véritables liens d’amitié avec eux.

Il y sera ainsi très productif surtout si l’on tient compte de la dégradation de son état de santé et du temps que va lui prendre une guerilla contre le pouvoir civil (composée d’un gendarme) et religieux (un prêtre et un évêque). Il rédigera ainsi 13 manuscrits dont l’Esprit moderne et le catholicisme (1902), pamphlet contre l’église catholique, influencé par le bouddhisme et la théosophie. Mais aussi Racontars de rapins en 1902 qui traite surtout d’Art et d’esthétique. La raison pour laquelle il rédige autant de texte est que son état de santé l’empêche de peindre longuement. En effet il souffre des yeux et des jambes ce qui l’empêche d’exercer son activité. De plus, ces ouvrages manifestent surtout le besoin d’affirmer par l’écriture sa présence à Paris pour expliquer et légitimer sa démarche et son œuvre.

Mais c’est à la sculpture que Gauguin recourt de préférence pour formuler ses considérations et ses revendications sociales. Père Paillard et Thérèse, couple de statut scandaleux en sont un ironique exemple (Ils illustrent une critique envers l’évêque Martin et ses aventures en réponse à ses attaques sur la dite liberté sexuelle de Gauguin).

Cependant, l’ouvrage de sculpture le plus important qu’il réalise aux Marquises reste l’encadrement de porte sculptée et peint qu’il exécuta pour sa « Maison du Jouir » qui représente un ensemble des plus ambitieux. Ainsi, les mots « Maison du Jouir » étaient gravés sur le linteau surmontant la porte aujourd’ hui disparue. Au dessus se trouvaient des motifs ornementaux représentant des fleurs et des fruits. Sur les montants de chambranle, se trouvaient également deux nus féminins. En dessous, deux inscriptions gravées sur chacun des soubassements clamaient « Soyez amoureuses, vous serez heureuses » et « Soyez mystérieuses ».

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Paul Gauguin, Soyez mystérieuses, bas relief en bois de Tilleul polychrome, H. 73 ; L. 95 ; P. 5 cm, Musée d’Orsay, Paris.

Ces inscriptions renvoyaient explicitement à des bas reliefs majeurs de 1889 à 90, à des tableaux de 1902, aux gravures et sculptures de 1898-99 et ils peuvent être rattachés aussi à divers monuments passé dont l’artiste s’inspirait. Franchissant cette porte ornée, le visiteur pénétrait dans la chambre- atelier de Gauguin dont les murs, au dire des rares personnes admises étaient couverts d’images pornographiques que l’artiste avait ramené d’Egypte. Plus loin, l’auteur conservait son « musée » de photographies, ses cahiers de notes, ses carnets de croquis et ses dessins qui constituait un matériel dans lequel il puisait en grande partie son inspiration.

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Paul Gauguin, Soyez Amoureuse et vous serez heureuses, entre 1901 et 1902, bas-relief en bois de séquoia gigantea polychrome, H. 0.45 ; L. 2.045 ; P. 0.022 m, Musée d’Orsay, Paris.

Cependant ses tableaux marquisiens se différenciaient de ses œuvres précédents car ils étaient moins bons que ceux de Tahiti selon l’auteur. Gauguin y figurait moins de détails mais reprend plus de motifs et de figures qu’il avait déjà représentés. Malgré le cadre dans lequel il vit et travaille, ses scènes ne montre pas la luxuriance de la végétation de l’île, ne s’inspire pas d’œuvres tahitiennes, de vestiges archéologiques (pourtant nombreux) ou de mythes polynésiens. Son inspiration semble avoir changé et son œuvre est dès lors moins primitive qu’auparavant…

Malgré cela, la religion et la métaphysique restent très présentes dans son œuvre comme le montre sa Nativité ou encore L’Ange, Adam et Eve. Il évoque aussi la religion Mahori dans quelques tableaux.

En parallèle à son activité créatrice, Gauguin se révolte continuellement contre les autorités de l’île. L’évêque n’apprécie pas que Gauguin dissuade sa compagne d’aller à l’école ou encore les fêtes paillardes qu’ il aurait organisé dans sa maison du Jouir en compagnie de nombreux marquisiens. Il n’apprécie pas non plus son amitié avec le pasteur de la mission locale.

La tension semble être à son comble lors de la rentrée scolaire : En effet, Gauguin c’est aperçu qu’on obligeait illégalement les enfants de l’île à se scolariser. Il explique aux parents qu’ils n’y sont pas obligés et la fréquence des inscriptions va baisser. Mais Gauguin s’attira surtout la haine des gendarmes et de l’administration. Il fut en effet accusé de monter les indigènes contre les autorités, de revendiquer trop ouvertement une certaine liberté sexuelle et d’y encourager les marquisiens. La situation se dégrade encore en février 2003 lorsque Gauguin réclame une enquête sur le gendarme de l’île voisine Tahuata, Etienne Guichenay pour avoir été corrompu par des capitaines baleiniers américains. Il est alors poursuivit pour diffamation par l’administration. Le 31 mars 1903 il est alors condamné à 3 mois de prison et 500 francs d’amande.

Durant ces deux années, Gauguin multiplie les lettres de récrimination, les pétitions, les dénonciations de plus en plus furieuses. Mais sa fébrilité et son ton enflammé dans ses protestations semblent indiquer une dérive psychologique. Sa santé ne fait d’ailleurs que s’aggraver depuis décembre 1902 et finira par le mener à une mort solitaire préalablement noyée d’alcool et drogue pour essayer –en vain- de calmer ses douleurs.

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Gauguin – Tahiti, l’atelier des Tropiques

(Couverture du Catalogue d’Exposition)

Du 3 octobre 2003 au 19 janvier 2004 se déroulait, dans Galeries nationales du Grand Palais de Paris, l’exposition « Gauguin – Tahiti, l’atelier des Tropiques ».

Cent ans plus tôt, le 8 mai 1903, Gauguin mourrait chez lui aux Iles Marquises. Rendre hommage à l’artiste et regrouper des œuvres conservées dans les musées du monde entier, tels étaient les objectifs premiers de cet évènement. Et ils furent largement atteints, puisque l’exposition est parvenue à regrouper deux cent vingt pièces appartenant à toutes sortes de collections, provenant d’Europe, des Etats-Unis, de Russie ou encore du Japon. Peintures, sculptures, dessins, aquarelles, gravures, mais aussi ses manuscrits… Tout a été réuni pour représenter au mieux, les questionnements et productions artistiques de Gauguin. La sélection des œuvres s’est concentrée sur les deux séjours de l’artiste dans le Pacifique (Tahiti et les Iles Marquises) ainsi que sur sa toile manifeste D’où venons-nous ? Que sommes–nous ? Où allons-nous ? (Boston, Museum of Fine Arts), que nous avons déjà abordée dans l’un de nos précédents articles, et qui fut traitée comme le « centre » même de l’exposition.

Au sujet de cette exposition, un article intitulé «  Gauguin et Tahiti », tiré du magazine Art Tribal, a entièrement été numérisé puis diffusé via le site des Editions D. Comme elles l’expliquent dans leur présentation, que l’on trouve sur le site : « Les Editions D sont actives dans le domaine de l’ethnologie, de l’anthropologie, des arts primitifs, des voyages et de la photographie. ». Notre sujet étant en rapport avec les arts primitifs, d’autres sciences humaines telles que l’anthropologie, ce site des éditions D se retrouve particulièrement intéressant dans le sens où il met à notre disposition toutes sortes de contenus, qui à la base sont publiés en version papier : albums, catalogues, magazines… Elles publient également « des ouvrages illustrés et, jusqu’à récemment, un magazine international: Art Tribal » auquel nous nous intéresserons ici.

Le site des EditionsD présente les ouvrages récemment publiés ainsi que les magazines dans des rubriques accessibles dès la page d’accueil. Chaque livre/magazine est décrit dans son ensemble puis, parfois, rattaché à des articles de presse numérisés. L’interface est claire, intuitive… On y navigue avec aisance et plaisir, pour y découvrir un contenu diversifié et enrichissant toujours en rapport avec les disciplines et domaines que nous avons évoqué ci-dessus.

Magazine récent, Art Tribal est le premier trimestriel à être uniquement consacré aux cultures africaines, asiatiques, américaines et d’Océanie. Certains de ses articles sont consultables sur le site des Editions D sous forme de PDF, nous offrant ainsi, en plus d’un accès libre aux contenus en question, une qualité de lecture remarquable aussi bien pour les textes que pour les illustrations qui les accompagnent.

L’article « Gauguin et Tahiti » est issu de l’exemplaire Art Tribal 03, ÉTÉ AUTOMNE 2003. Il a été rédigé par Philippe PELTIER, conservateur au musée du quai Branly et responsable de l’unité patrimoniale Océanie-Insulinde. Il a été le commissaire de nombreuses expositions dans ce musée et possède une formation d’ethnologue et d’historien d’art. On sait, dès lors, que cette ressource est de nature « sûre ».

Le document a été publié pour présenter l’exposition avant son ouverture au public. Il comporte un écrit relativement biographique expliquant au lecteur de quelle manière Gauguin s’est retrouvé à Tahiti puis aux Marquises et dans quels contextes (politique, social, historique, etc.), ainsi que ce qu’il a trouvé et fait là-bas… En parallèle, on remarque et on apprécie la présence d’œuvres de Gauguin (légendées et parfois commentées) qui allaient constituer l’exposition et qui illustrent le propos du conservateur. Mais ce que l’on apprécie davantage encore est la confrontation avec d’autres documents et œuvres (photographies des populations indigènes, objets traditionnels tels que des statuettes, des plats ou encore des bijoux…), non signées par la main de l’artiste, mais qui nous montrent l’univers dans lequel il était plongé et qui l’a largement inspiré dans sa production personnelle.

Garantie du contenu produit par un conservateur et historien de l’art, rapport avec le Primitivisme chez Gauguin explicité au travers de l’écrit comme des illustrations, accès libre (gratuit) à un article de magazine… Autant d’avantages qui font de cette ressource numérique un apport sérieux et conséquent que l’on n’hésite pas à privilégier dans nos recherches !

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La collection du MoMA

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Le MoMA (Museum of Modern Art) est un musée d’art moderne et contemporain new-yorkais, inauguré en 1929 et constituant aujourd’hui l’une des plus grandes collections du monde d’art de cette époque, avec le Centre Pompidou et la Tate Modern. Son site, en plus d’être esthétique en restant sobre, est très complet et propose une rétrospective précise et interactive de toutes les expositions passées du musée (exemple de l’exposition sur « Van Gogh et les couleurs de la nuit » de 2008-2009). En allant dans l’onglet « explorer », on retrouve facilement une page avec une liste des artistes de la collection du MoMA, parmi lesquels figure Gauguin.
La numérisation de leur collection propose une série des images des œuvres : nous avons alors accès aux 26 œuvres de Gauguin que le musée possède, dont 20 œuvres sur la période qui nous intéresse, et dont de nombreuses gravures. En cliquant sur une image, on accède à une page avec une reproduction de l’œuvre sur la gauche, son cartel complet sur la droite, des commentaires de la galerie ou des extraits de publications du musée concernant l’œuvre en question, ainsi que des liens (quelque peu publicitaires) vers des publications « en rapport » avec le sujet. Par exemple, on peut trouver une vidéo qui offre une analyse descriptive de l’œuvre La lune et la terre de 1893 par une curatrice et sa transcription textuelle.
En accompagnement de ce support visuel, le site du MoMA propose un texte informatif (lui aussi disponible qu’en anglais) sur l’artiste, visible sous le « slide » d’images. Ce texte semble venir des fonds de presse de l’université d’Oxford, comme le montre le copyright. Il est divisé en quatre parties : une introduction qui présente Gauguin, une partie sur sa vie et son œuvre avec des sous-parties chronologiques, une partie sur sa méthode et ses techniques et une partie traitant de ses influences (autant reçues que perpétuées) et de sa réputation, puis en annexe une bibliographie très complète pour aller plus loin. L’avantage du texte est d’être très bien rédigé et très complet, surtout au sujet de la vie de l’artiste, truffée de précisions et de dates. Il est également intéressant d’avoir une partie entièrement dédiée à sa technique picturale, ce que l’on trouve en général peu souvent sur les sites de musées. Concernant notre sujet, on y retrouve une petite analyse de sa méthode inspirée des arts primitifs, notamment pour ses objets sculptés, peu commentés sur les autres sites. Le seul inconvénient ne peut être que la langue, bien que le style ne soit pas difficile.
Si ce site est un bon exemple de ce que devraient proposer les musées pour leurs collections et leurs expositions, il est également un bon support pour notre sujet, mais davantage comme base de travail méritant d’être approfondie suivant les sujets puisés dans les images et les textes de la page.
À quand ce type de page pour le site du Centre Pompidou ?

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En Martinique

Gauguin-Martinique, Au pays des dieux créoles, 1887

 La Banque Numérique des Patrimoines Martiniquais offre à ses visiteurs un ensemble de 15 pages rédigées et richement illustrées traitant de la vie de Gauguin : de sa naissance, en passant par son arrivée et sa vie en Martinique, avant de débarquer à Tahiti et aux Marquises. Au premier abord essentiellement biographique, ce site, très bien mené, résume de manière extrêmement efficace car complète, la vie et la production de l’artiste, cela particulièrement durant ce séjour martiniquais.

De son enfance au Pérou, en passant par ses voyages en tant que marin, par sa reconversion professionnelle, par ses amitiés liées avec les membres du groupe impressionniste, et son départ pour Panama à la recherche d’un premier « atelier des tropiques » avant de lui préférer la Martinique… Le site retrace tous les « éléments perturbateurs » qui se sont succédés dans la vie de Gauguin, et qui expliquent son envie de « sauvage », mais surtout d’ailleurs. Il partage également de nombreuses informations quant à l’art primitif de Gauguin, directement issu de cette confrontation avec d’autres cultures et sociétés.

De nombreux chapitres sont consacrés à la Martinique à part entière : d’un point de vue économique et social, mais aussi politique, culturel, intellectuel et artistique, au moment où Gauguin s’y trouvait. On a donc tout un caractère historique propre à ce territoire, qui nous permet de situer l’artiste et l’univers dans lequel il avait choisi d’évoluer : au travers des chiffres précis, des documents anthropologiques et iconographiques, mais aussi avec de nombreux propos recueillis, qui se retrouvent cités ici.

Nouveautés stylistiques nées de ce nouveau mode de vie en Martinique, influences et inspirations trouvées là-bas… L’évolution de ses œuvres et des critiques qui leur sont portées… Rien ou presque n’est délaissé dans les résumés de ce site de la Banque Numérique des Patrimoines Martiniquais. Tout prend un sens logique, dans un contexte précis, celui où Gauguin marque à son tour cette terre tropicale de son empreinte « sauvage », en harmonie avec ses idéaux artistiques comme humains. 

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