Un court- métrage d’Alain Resnais sur Paul Gauguin

Capture d'écran Dailymotion

Dailymotion est une entreprise d’origine française offrant un service d’hébergement, de partage et de visionnage de vidéos en ligne. Il s’agit actuellement du 31ème site le plus fréquenté au monde avec 116 millions de visiteurs par mois. Site sur lequel, moyennant la création d’un compte, tout internaute peut ajouter du contenu. Il peut donc s’agir d’une riche source d’informations pour notre recherche…Outre sa barre de recherche, le site propose aussi une page d’accueil proposant des vidéos classées par rubriques (« humour », « sport », « musique »…) à l’adresse des curieux.

Dans le but d’une recherche précise, grâce à sa barre de recherche pratique et directement accessible ce site nous offre une sélection de vidéo relatives à Gauguin ou à son œuvre. Mais il s’agit de manières générales de citations.

Il nous propose aussi un court métrage d’une douzaine de minutes (12’31 mn) d’Alain Resnais, simplement intitulé Alain Resnais- Paul Gauguin qui relate la vie du peintre, le tout illustré par son œuvre. Ce cours métrage est produit par Cinédis, sur une musique de Darius Milhaud, la voix off étant interprétée par Jean Servais (célèbre acteur belge)  et sur un texte en grande partie fondé sur des citations du peintre. Malgré le fait que ce documentaire en noir et blanc semble daté de la fin des années 50, aucune date n’est disponible et il est donc impossible de le situer précisément dans le temps.

La première partie du film raconte la rupture de Paul Gauguin avec sa vie, abandonnant Paris et son foyer pour la peinture. Il connait alors la faim, le froid, la solitude et vit dans la pauvreté. Cette misère est un empêchement au travail. Il désir ardemment fuir Paris un « Désert quand on est pauvre ».

Il part donc se réfugier à Pont Aven en Bretagne, en bord de mer (deuxième partie du documentaire). Il y vie à la manière des paysans, sous le nom de « Sauvage ». Il y découvre « le Sauvage et le primitif ». Il se plait d’abord profondément en Bretagne et développe un style animé et vivant. Mais il se sent poursuivi par sa vie Parisienne au point de le décourage de peindre… Cette partie s’achève sur une explication du Christ Jaune en Croixpeint en1889. Cette peinture est –comme nous avons pu l’expliquer précédemment- le symbole du sacrifice « inutile » qu’il a pu faire de sa vie. Cette œuvre est donc encore une fois interprétée au regard de sa biographie. Lassé de cette vie Bretonne, il décide de partir vivre sur une île en Océanie vivre de « Calme et d’Art ».

La 3ème partie du documentaire relate son arrivée à Tahiti après 763 jours de trajet en bateau. Il effectue une description idyllique et paradisiaque de son cadre de vie, sa case étant située entre montagne et mer. Ce propos est appuyé par des peintures de plus en plus primitives. Il est véritablement amoureux de l’île, vit entouré de sa « race la plus belle du monde » et s’adonne à une vie d’oisiveté et rend grâce à la beauté des tahitiennes. Ces paroles sont illustrées de nombreuses peintures de vahinés valorisant leurs visages souriants et leur grâce. Il loue leur amour de la vie en expliquant qu’elles ne vivent que pour le plaisir (vision qui traduirait selon nous un archétype de l’époque).

« Elles chantent l’amour qu’elles invitent et qui va venir avec la nuit ».

Gauguin évoque aussi les grandes peurs : peurs sacrées, religieuses, de la Mort, émanant des grandes forces de la Nature (ces paroles sont illustrées de peintures de vestiges archéologiques de figures sacrées). Cette peur est clairement soulignée par la musique et les reproductions de peintures.

Enfin, la quatrième partie relate l’amertume du peintre quant à sont choix de cette vie à Tahiti « Folle et triste aventure ». Il vie désormais dans la vieillesse, misère, maladie et souffrances qui le conduisent à ne plus pouvoir peindre, à regretter femme et enfants. Selon ce documentaire, il souhaite désormais la mort. Le documentaire semble sous entendre que le peintre était nostalgique de la France et de la Bretagne. Gauguin serait mort laissant un tableau de la Bretagne sous la neige inachevé, le 8 mai 1903. Selon ce récit Gauguin  serait mort seul, abandonné de tous et dans le regret de cette vie gâchée.

Cette vidéo fort intéressante par son ancienneté et par l’illustre réputation de son réalisateur reste tout de même à relativiser quant aux informations qu’elle apporte. En effet, malgré les citations du peintre utilisées, elle ne dévoile que partiellement la vie de Gauguin faisant l’impasse sur sa de marin, au Danemark, sa vie de peintre à Arles et surtout dans les îles marquises où il décèdera. Sa Biographie est donc vraiment résumée au détriment de nombreux éléments importants. Cependant, cette vidéo est un véritable témoignage de son époque, notamment quant à son accent tragique et la musique d’influence expressionniste choisie qui en font en grande partie le charme.

L’autre élément appréciable –malgré le noir et blanc- réside dans le choix des toiles choisies pour illustrer le propos ainsi que dans les gros plans effectués sur des détails des œuvres.

Il s’agit donc d’un documentaire d’époque appréciable. Cela est aussi un avantage du site Dailymotion qui malgré les inconvénients que peuvent représenter le fait que tout internaute puisse publier du contenu, permet aussi l’accès à des documents d’archives rares. Cela permet à l’internaute d’avoir accès à une riche mine d’information depuis chez lui ce qui n’aurait jamais été possible sans cet outil…

 

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Gauguin et les Nabis

Gauguin NabisLes Nabis sont un groupe d’artistes postimpressionnistes et symbolistes, né en 1888 sous l’impulsion de Gauguin et de Sérusier au sein de l’École de Pont-Aven. Universalis montre à nouveau dans son article sur ce groupe son efficacité quant aux descriptions et explications synthétiques des mouvements artistiques.
Nous avons déjà vu auparavant à quel point il est intéressant de relier la démarche primitiviste de Gauguin à ses premiers temps dits « symbolistes » et « synthétiques », car les préoccupations esthétiques qu’il a pu assouvir lors de ses voyages étaient déjà présentes dès son entrée à Pont-Aven et son travail avec les symbolistes.

Pour se pencher davantage sur ce courant en lien avec notre artiste, et pour changer des articles ou des blogs, nous avons choisi d’écouter la passionnante émission Les Mardis de l’expo de France Culture, proposée en rediffusion sur leur site, au sujet de l’exposition « De Gauguin aux Nabis – Le droit de tout oser » qui a eu lieu au musée de Lodève en 2010.  Dans son émission, Élisabeth Couturier invite Gilles Genty, historien de l’art et co-commissaire de l’exposition, François Fossier, historien de l’art et auteur de l’ouvrage La Nébuleuse Nabie, les Nabis et l’art graphique, ainsi que l’habitué critique d’art Clément Dirié, à discuter autour de l’exposition, et plus particulièrement au sujet des Nabis. Le podcast dure presque 59 minutes, mais pour les internautes pressés, se sont avant tout les 18 premières minutes qui nous intéressent, car c’est là que Gilles Genty souligne plus particulièrement la relation entre Gauguin et les Nabis.

Il évoque une consubstantialité entre l’aventure des Nabis et l’aventure de Gauguin, pour plusieurs raisons. Il y aurait eu un « passage de témoins » en 1886-88 lorsque Gauguin invente l’esthétique de l’École de Pont-Aven. L’emblématique oeuvre Le Talisman de Sérusier va être l’objet de ce passage entre Gauguin et les futurs Nabis : il reprend la matière et l’esthétique des tableaux de Gauguin. En effet, on remarque ici un passage au niveau de la forme mais aussi du fond, car un talisman a quelque chose à voir avec le magique, la sacralité. Genty nous éclaire alors concernant le lien entre les Nabis et Gauguin par la conception religieuse de l’art. S’ensuit une description de cette œuvre, qui nous aide d’ailleurs à mieux comprendre l’esthétique de Gauguin, notamment quant à son emploi des couleurs pures et à son style « cloisonné ». Plus d’informations nous sont alors données sur le rôle important de Pont-Aven dans l’art de l’époque et la place de Gauguin qui y serait allé pour chercher un exil, quelque chose de « primitif « . Cette première recherche sera ensuite prolongée à Tahiti, car Gauguin va toujours cultiver ce retour à une enfance de l’art. Gilles Genty parle d’un « Primitivisme breton » dont Odilon Redon sera également une figure tutélaire pour les Nabis.

Paul Sérusier, (1864-1927), Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour, 1888, huile sur bois, 27 x 21 cm, Musée d'Orsay, Paris.

Paul Sérusier, (1864-1927), Le Talisman, l’Aven au Bois d’Amour,1888,huile sur bois, 27 x 21 cm, Musée d’Orsay, Paris.

Francois Fossier, quant à lui, se concentre (mais avec une voix plus soporifique que Genty) davantage sur les Nabis, et nous parle de leur esthétique et de leurs thématiques. Il rappelle que les Nabis ne sont pas l’expression unique du symbolisme, et qu’ils suivent un certain nombres de personnalités diverses. Selon lui, l’intérêt principal apporté par les Nabis serait cette cohésion entre certains nombres d’inspirations et mise en pratique avec une sorte de « laxisme », en partant d’une idée qu’ils remodèlent par la suite.

Finalement, Clément Dirié nous offre une ouverture digressive en lien avec l’art contemporain, sur les endroits qui, comme Pont-Aven, cristallisent les mouvements, avec notamment le Black Mountain College, école qui rejoint les Nabis dans la mesure où les deux cercles sont interdisciplinaires.

Si Les Mardis de l’expo sont construits comme une « visite privilégiée » dans une « exposition réelle ou virtuelle », et si les informations regroupées autour du sujet sont très intéressante et faciles d’accès, il convient de mentionner le fait qu’aucune information précise n’est donnée sur l’exposition elle-même ! Peut-être que les auditeurs aimeraient en savoir plus sur l’organisation de l’exposition et ses thématiques, avant de devenir spécialiste des Nabis. Car en effet, peu de ressources mentionnent cette fameuse (ou non) exposition au musée de Lodève. Même le site du musée, qui a d’ailleurs l’apparence d’un site en travaux, avec peu de contenu, la mentionne de façon très succincte dans un petit article des expositions passées. Pour avoir plus de renseignements sur l’exposition elle-même, nous devons passer par des articles assez sérieux (sur le site de France 2) et d’autres un peu moins fiables mais  toujours plus informatifs que le musée de Lodève (le site Hdhod).

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« L’art de demain se trouve dans la peinture de Gauguin »

derain

Pendant longtemps, l’Histoire de l’Art a considéré que Fauves et Nabis étaient en rupture totale avec l’Impressionnisme et le Post-Impressionnisme. Mais chez Gauguin, premier peintre à avoir inspiré les artistes de ces mouvements, il y a une réelle filiation entre l’Impressionnisme et l’Ecole de Pont-Aven. De ce fait, cette rupture est déjà à revoir. Et pour cela, concentrons-nous, le temps de cet article, sur les Fauves…

Le Fauvisme est un mouvement pictural français qui apparait à l’aube du XXème siècle. Il s’inscrit alors dans une continuité des recherches esthétiques menées au travers de l’Impressionnisme, du Néo-Impressionnisme et des Nabis.

Arrêtons-nous un instant sur un site qui a retenu notre attention, et qui nourrira également notre propos. Le site http://www.histoiredelart.net/ propose une chronologie très bien réalisée des courants picturaux qui se sont succédés du XIème siècle jusqu’à nos jours. Tout n’est pas mentionné, sinon l’essentiel, et les dates ne restent qu’approximatives… Néanmoins elle permet de mieux se rendre compte de quel mouvement est apparu avant un autre, ou bien simultanément, etc. et ainsi, de mieux les confronter. Surtout lorsqu’il s’agit, comme ici, d’une période relativement riche en émulations artistiques. Par ailleurs, on note que ce site, très esthétique et agréable d’un point de vue de son interface, constitue une bonne ressource en ce qui concerne les généralités en Histoire de l’Art : chronologies donc, fiches de présentation des courants picturaux, listes d’artistes par siècle, quelques dossiers et analyses d’œuvres… En somme, de quoi renseigner globalement et agréablement sur un sujet qui reste assez vaste. Ainsi, on retient également sa présentation du Fauvisme, rattachée à des rubriques  telles que les peintres et les tableaux les plus célèbres du mouvement, ou encore une rapide mise au point sur le contexte politique… A nos yeux, www.histoiredelart.net entre donc parmi ces ressources qui « vulgarisent » l’histoire de l’art. Non pas en simplifiant ses enjeux et sa méthode, mais en lui prélevant son essence et en la présentant de manière attractive et accessible à un large public.

Revenons à Gauguin et à son influence sur les Fauves…

Le site du Centre Pompidou est relativement maigre par son contenu. Et nous devons avouer que ce n’est pas une adresse que nous nous plaisons à visiter. Ni pratique ni intuitif, peu de publications, de commentaires, de documents numérisés accessibles… Le musée ne semble pas vraiment s’investir dans le développement de son site. Aucune exposition archivée, collections non mises en avant et donc non consultables par les internautes, pas de visites virtuelles possibles (contrairement à certaines mentions visibles sur son interface qui pourraient laisser entendre le contraire : « centre pompidou virtuel »)… Manque de fonds ? Sans doute. Mais contrairement à d’autres sites de musées, français ou étrangers, que nous avons pu commenter… Beaubourg a du retard à rattraper ! Car les trois seuls onglets qui y sont affichés (« Centre Pompidou », « Visite » et « Agenda ») nous laissent sur notre faim.

Cependant, si l’on fait une recherche rattachée à Gauguin via sa barre de recherche, le musée nous dirige vers l’un de ses dossiers pédagogiques, très complet et intéressant, intitulé « Le Fauvisme et ses influences sur l’art moderne ». Quelques bonnes ressources sont finalement exploitables ! Fini les critiques, passons aux points positifs.

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Rédigé par Olivier Font, l’ensemble est structuré de manière à cerner les problématiques rapidement et à nous diriger vers les axes qui nous intéressent plus particulièrement, si on le souhaite. Une biographie sélective est aussi proposée, afin d’approfondir ses recherches à l’aide d’ouvrages consacrés à ce sujet et présélectionnés pour nous.

Présentation du mouvement, de ses caractéristiques, de ses artistes ainsi que de ses œuvres, ce document évoque également l’importance de Gauguin et du Primitivisme tout au long de l’article. Si le chapitre « Aux Sources du Fauvisme » ne le met pas vraiment en avant, c’est en lisant l’intégralité du dossier que l’on comprend réellement son rôle.

En effet, Gauguin a inspiré les Fauves dans le sens où la couleur devient l’élément essentiel dans le tableau. De même, comme l’explique parfaitement le site apparences.net (même type de site que histoiredelart.net) dans son article sur le Fauvisme : « L’enthousiasme pour la sculpture africaine et océanienne contribue également à diriger la recherche des fauves : il est fondé sur la conviction que l’art primitif réalise la synthèse de perception et d’expression recherchée par le peintre fauve lorsqu’il fait exploser sur la toile, les bleus, les rouges, les jaunes, les couleurs pures sans aucun mélange de tons. »

Ainsi donc, culture primitive et peinture de Gauguin ont dirigé les artistes tels que Matisse, Vlaminck, Derain ou Braque vers des travaux encore plus « sauvages » qui, peu à peu, ont fait disparaître le dessin au profit de larges zones recouvertes de « couleurs pures ».

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Paul Gauguin: Un sauvage imaginaire?

Le site la Tribune de l’Art, résume toute l’actualité relative à l’Art et au marché de l’Art. Malgré une page d’accueil assez sommaire, ce site fondé par Didier Rykner, journaliste et historien de l’art français, nous ouvre les portes de l’actualité portant sur toute l’Histoire de l’Art Occidentale du Moyen Age aux années 50. Ainsi, une page d’accueil nous présente les dernières nouvelles relatives au monde de l’Art telles que la nomination de Luc Martinez à la présidence du Louvre ou encore les aventures du Louvre d’Abou-Dhabi…

Cette riche source d’informations est organisée autour d’onglets fonctionnels: « Actualité » (brèves, expositions, publications…), « Focus » qui présente de nombreuses biographies d’artistes, « Bases », « Calendrier » ou encore « Emissions » (vidéos d’émissions « l’Art sur un plateau » réalisées par les rédacteurs du site). Le seul inconvénient de cette mine d’information est que certains contenus sont payants comme ceux contenu dans « Bases ».

Nous nous sommes également intéressées au fait de savoir qui étaient les rédacteurs de ce site: Il s’agit de professionnels de l’Art et notamment Didier Rykner son fondateur, qui veulent s’ écarter des sujets conventionnels en valorisant la protection du patrimoine artistique et en promouvant les expositions peu connus de Paris et de Province. Leurs critiques et dossiers d’investigation sont fondés exclusivement sur des expositions vues et documents lus.

Ainsi, l’article que nous allons critiquer s’intitule Paul Gauguin, le sauvage imaginaire, daté du 23 février 2004 et porte sur un livre sorti cette même année, aux éditions du chêne, intitulé « Le sauvage imaginaire » de l’auteur Stéphane Guégant. Au premier abord la critique d’un livre ne nous intéressait guère, mais celui-ci apporte une nouvelle lumière sur Paul Gauguin, non négligeable. Ainsi l’objectif de ce livre est de montrer que Gauguin est un romantique avant d’être un moderne. Il est ainsi vu comme un héritier de Delacroix, Ingres … Il s’agit là d’une vision intéressante qui renverse l’opinion établie selon laquelle les artistes principalement au XIXème siècle, sont les annonciateurs de ceux qui les suivent (précurseurs de l’impressionnisme, etc…). Les artistes n’étant certainement pas en mesure de savoir ce qui allait venir après eux, il n’annoncerait donc pas « avenir artistique ». Cependant l’inverse est envisageable également: les artistes, surtout les plus grands, réagissent à ce qui les précèdent en s’y opposant ou en suivant. Stéphane Guégant, également spécialiste de Delacroix ne se limite pas à une analyse de l’artiste comme résolument innovateur , sans précédent et ne le relierait qu’à ses contemporains. Il le replace dans l’Histoire de la peinture française du XIXème siècle et plus largement dans celle de l’Art occidental pour montrer les innovations apportées par l’artiste mais aussi les traditions qu’il prolonge. Ainsi, il nous explique que lorsque Gauguin part pour Tahiti, il emporte avec lui des gravures de « son musée imaginaire »: Raphaël, Boticelli, Durer  Delacroix…parmi tant d’autres.

La deuxième thèse de l’auteur présente dans cette ouvrage réside dans l’idée que Gauguin a au moins autant participé à fabriquer sa légende, qu’il ne l’a réellement vécu… Selon l’auteur, « le mythe de l’artiste maudit se retirant de la civilisation pour retrouver un état supposé de nature, issu du rousseauisme était en fait un grand roublard qui ne reculait devant rien pour arriver« . Dis de manière plus modérée, Stephan Gégant défend la thèse selon laquelle le peintre pensait surtout à construire sa gloire à travers ce mythe du « sauvage » et du retour à la nature. Nous ne pouvons ajouter qu’une chose : cette ambition a été plutôt réussie!

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Paul Gauguin, Autoportrait à l’idole, vers 1893, 46x 33 cm, McNay Art Museum, San Antonio, Texas, USA.

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El Museo Thyssen-Bornemisza

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Musée d’art ancien, moderne et contemporain situé dans la capitale espagnole, le musée Thyssen-Bornemisza de Madrid possède une collection importante d’œuvres du XIXème siècle et de l’impressionnisme, mais aussi des avant-gardes du XXème siècle, dont une dizaine d’œuvres de Paul Gauguin.

Son site internet est tout à fait remarquable et nous avons été agréablement surprises de l’ensemble des contenus et services qu’il offre aux internautes…

Avant toute chose, soulignons l’avantage de cette page d’accueil à l’interface plaisante, épurée et fonctionnelle. Seul bémol ? Les deux versions qui sont proposées sont en anglais et en espagnol. Mais il ne faut surtout pas s’arrêter à cela, vous passeriez à côté d’une perle du net… que nous allons analyser pour vous !

Comme tout bon site normalement constitué, une barre de recherche sur la droite permet de procéder à des recherches directes et rapides. Si l’on y tape « Paul Gauguin », on accède à une liste de résultats en lien direct avec l’artiste ou bien qui y sont rattachés de manière plus générale. On peut alors lire une biographie de Gauguin et un commentaire pour chacune de ses œuvres que le musée détient ! Photographie des objets, légendes, explications… De véritables petites fiches de présentation, comme peuvent le proposer les musées du Louvre et d’Orsay, à la différence que les notices ne mentionnent pas de références bibliographiques sur lesquelles nous pourrions nous rediriger. En revanche, le musée Thyssen nous propose d’autres artistes ou pièces pouvant être rattachés à notre objet d’étude initial : artistes de la même période chronologique, du même courant artistique, etc.

A droite, une succession d’onglets nous redirigent vers les thèmes de notre choix…

  • « Collections » ouvre sur une page qui nous explique les provenances des collections et donc des œuvres, des acquisitions, etc. puis donne accès à des sous-rubriques telles que « artistes » (répertoriés par ordre alphabétique), « chef-d’œuvre »…
  • Il est même possible de visiter virtuellement l’intégralité du musée ! Ses niveaux et ses salles ont été filmés de sorte qu’un logiciel nous permet, à l’aide de quelques clics seulement, de déambuler au sein de l’établissement et devant les œuvres ! On accède ainsi aux plans du musée, on évolue de salle en salle et un guide audio traduit dans cinq langues différentes, y compris en français, est mis à notre disposition ! Si l’on clique sur une œuvre, le site nous redirige vers sa fiche de présentation explicative… Une visite virtuelle ludique, maniable et pratique, mais surtout enrichissante puisqu’elle nous permet de visiter le musée et d’admirer ses œuvres  comme si nous y étions… ou presque.
  • Dans la rubrique « Expositions », le musée répertorie les expositions passées, en cours et prochaines. Et c’est ici qu’une ressource en particulier a retenu notre attention… Du 9 octobre 2012 au 13 janvier 2013, le musée a abrité une exposition « Gauguin and the Voyage to the Exotic ». L’ensemble de l’expo a été numérisé et archivé : présentation, blog retraçant la réalisation, brochure, vidéos et visite virtuelle… Tout est à notre disposition pour découvrir ou bien pour revivre l’évènement ! Et ceci est aussi valable pour un tas d’autres expositions qui ont eu lieu dans ce même musée. Un atout gigantesque, que l’on savoure grandement.
  • « Studies of the Collection » contient tout autant de merveilles. En effet, le musée publie en ligne des articles de son périodique Open Windows : en français Fenêtres ouvertes, titre qui n’est pas sans rappeler la célèbre métaphore d’Alberti dans son traité De Pictura. La revue en ligne réinterprète des œuvres du musée à la lumière de nouvelles découvertes. Elle paraît trois fois par an et constitue le fruit des recherches menées par l’équipe de conservation, qui remet ainsi à jour connaissances et interprétations des œuvres auprès de la communauté universitaire comme du grand public intéressé. De même, « Restauration » nous fait part des travaux de recherches ou de restauration que le musée a effectué et en explique tant les enjeux que les techniques employées. Dans « Technical Studies » (Etudes techniques), on accède à des dossiers numériques décrivant les restaurations intégrales d’œuvres : démarches suivies, outils et méthodes employés… le tout richement documenté et illustré.
  • Les rubriques qui suivent permettent de s’informer sur le musée en lui-même ainsi que sur les activités et évènements qui y prennent lieu.

Revenons aux ressources en lien avec notre sujet et commençons par nous pencher sur la brochure de l’exposition qui nous intéresse.

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Les textes sont, là aussi, transcrits en espagnol et en anglais. Ils suivent le plan de l’exposition, qui comprenait les thématiques principales suivantes :

–          La figure de Gauguin et le Primitivisme exploré dans sa version exotique, en Martinique puis à Tahiti

–          L’influence de ses œuvres dans l’art moderne et les avant-gardes du XXème siècle

–          La conception moderne de l’exotisme et son rapport avec l’ethnographie

Chaque problématique abordée dans l’exposition est traitée dans la brochure au travers d’une explication concise et d’une toile illustrant le propos… Le tout en ressort salutaire car très instructif :

« Invitation au voyage » : Gauguin, tout comme Delacroix, fut l’un des premiers artistes à peindre des paysages d’ailleurs. Les siens, emplis d’exotisme et de couleur, révèlent souvent des scènes intimes dépeignant les populations indigènes et leurs modes de vie.

« Aller et retour, Martinique » : l’importance décisive de son séjour là-bas dans les années 80, en tant que première expérience de voyage comme peintre à proprement parler, mais aussi parce qu’après cela, Gauguin ne quittera plus jamais sa quête du Primitivisme qu’il cherchera sous toutes ses formes dans le Pacifique.

« Le Paradis Tahitien » : isolé dans son nouvel atelier d’Océanie, Gauguin réalise un grand nombre d’œuvres que lui inspire la culture maorie. D’abord dans un style synthétique où « couleur » prime sur « forme » puis, plus tard, dans une ambiance plus mystique et sombre, révélatrice de la détérioration des santés physique et morale de l’artiste.

« Sous les Palmiers » : arrivé à Tahiti, Gauguin a vite su allier Primitif et Sauvage au sein de sa production. Pour lui tout est clair : il n’est plus question d’imiter simplement la Nature, mais de transcrire les sensations éprouvées lorsqu’on la contemple au travers de ses rêves. La relation entre la Nature et le Sauvage, réelle ou imaginaire, est le moyen de retrouver bonheur et innocence, le vrai sens de l’art. Cette vision des choses sera aux sources mêmes des inspirations d’artistes tels qu’Henri Rousseau et Matisse, Emil Nolde et Max Pechstein ou encore Août Macke et Franz Marc. Le « monde de la jungle » permet ainsi de surmonter la crise des valeurs esthétiques, morales et politiques et d’atteindre, au-delà des limites imposées par les règles académiques de l’époque, des expressions et canons artistiques nouveaux.

« L’artiste ethnographe » : cette appel de la différence, qui est à l’origine du développement du Primitivisme chez (et par) Gauguin, est largement visible dans les nouvelles relations que les artistes entretenaient avec l’ethnographie. Le Primitivisme nous rallie au « Primitif », à « l’Autre » au travers d’une l’image qui nous est dépeinte et que nous regardons. On y admire l’étrange, la différence. Gauguin fut le premier à être séduit par cette différence au point d’y consacrer entièrement sa vie et son art…

Ainsi donc, la brochure numérisée cerne l’essentiel de l’exposition et nous le livre en quelques pages.

Le blog du « making of » nous renseigne quant à lui sur la mise en place de l’exposition : de l’accrochage des tableaux à la réalisation du catalogue, en passant par la prise en charge des œuvres. Ceci est extrêmement intéressant, d’autant plus que ce type d’informations n’est que rarement accessible au public… Pourtant, elles permettent de se rendre bien compte du travail que tout cela implique et pour les étudiants qui rêvent de devenir commissaire d’expositions, disons que… « Ça met l’eau à la bouche » !

Il est aussi possible de visionner des vidéos qui présentent l’exposition ainsi que le cycle de conférences  « Paraísos » (Paradis) organisé par le département de Peinture moderne du musée, en lien avec l’exposition, mais… En espagnol non sous-titré : avis donc aux bilingues ou aux plus courageux d’entre vous !

En conclusion…

Photographies, commentaires, revues et brochures numérisées, visites virtuelles… Une diversité des médiums, une richesse informative et visuelle telles qui font que ce site de musée s’impose comme un élément incontournable dans notre discipline. En fait, il entre parmi les 151 institutions ayant rejoint le « Google Art Project » qui, grâce à sa nouvelle technologie Street View, a permis la numérisation en 3D de 32000 œuvres, dispersées partout dans le monde dans une quarantaine de pays. Les œuvres, l’art et son histoire et donc la culture se retrouvent en haute résolution sur nos écrans, à portée de main. Des musées virtuels que l’on apprécie tant lorsque l’on ne peut se déplacer que pour préparer sa visite !

Et sans oublier que dans le cadre de nos recherches personnelles, de pareilles ressources sont un accès direct à des données fiables et captivantes… Tout ce qu’on aime !

(Un bonus pour les hispanophones : un article à propos de l’exposition, publiée sur le site « El Cultural ».)

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Un bref récit de la Vie de Paul Gauguin aux îles Marquises…

Regard éloigné est un blog tenu par un auteur inconnu. Il s’agit d’un blog dédié à la culture et à l’anthropologie, créé en 2006. Il contient de nombreux articles concernant l’anthropologie, l’archéologie, l’Art forts riches et documentés.

La page d’accueil d’apparence extrêmement simple contient 4 onglets « accueil », « archives » (qui permet de retrouver les articles classés par mois et année d’édition ainsi que par catégories telles que « actualité », « Afrique » ou « anthropologie »), « profil » (malheureusement non renseigné) et « s’abonner ».

Ainsi un article du 11 décembre 2010 intitulé « Mourir aux marquises ! » Paul Gauguin et le primitivisme, nous amène directement à notre sujet de prédilection qui est –rappelons le- Paul Gauguin et le Primitivisme.

Au premier abord l’article est richement illustré de cartes, de reproductions d’œuvres, de documents et de lettres. Il contient aussi de nombreuses citations. Cela permet une approche fort enrichissante et attrayante.

L’article raconte l’arrivée de Gauguin à Atuona, ville de l’île marquisienne d’Hiva Oa le 16 septembre 1901 (réputée la terre la plus lointaine d’un archipel composé de 9 îles qui fut découvert par les Européens à la fin du XVIème siècle). L’auteur nous fait alors une description géographique et historique de l’île. Nous découvrons ainsi que depuis sa colonisation la démographie de l’île ne cessait de chuter en raisons des épidémies et de l’instabilité politique dont elle est la cause. L’île passe ainsi de 90 000 habitants à 4000 au moment de l’arrivée de Gauguin.  Cependant, cette île était encore considérée comme un territoire « inaltéré » et Gauguin espérait y rencontrer une culture qui concordat plus exactement avec ses rêves tahitiens tel qu’il l’écrit à son ami Daniel de Monfreid.

Il s’installe dans le village d’Atuana et y achète un terrain auprès de la mission catholique locale qui possédait toute l’île. Il y fit construire sa dernière case, « la maison du jouir ». L’artiste la décorera de panneaux de bois sculptés et peints, reprenant de nombreux motifs déjà utilisés dans ses tableaux et sculptures. Il s’installe avec Marie Rosé Vascho, jeune vahiné de 14 ans qui met au monde une fille, Tahiatikao mata. D’après le témoignage du pasteur Vernier, missionnaire de l’Eglise réformée d’Atuoana, Gauguin aimait sa vie dans la colonie et y était intégré. Bien que malade et au prise avec la gendarmerie, il réussit à peindre, écrire, dessiner, sculpter et à créer quelques chefs d’œuvres.

A la fin de son second séjour tahitien, Gauguin avait adopté un mode de vie résolument occidental et c’était bien inséré dans la communauté européenne de Tahiti. Le sort des indigènes ne l’intéressait pas. Il en va autrement lors de son séjour aux Marquises : pour la première fois il sympathise avec des locaux et créé de véritables liens d’amitié avec eux.

Il y sera ainsi très productif surtout si l’on tient compte de la dégradation de son état de santé et du temps que va lui prendre une guerilla contre le pouvoir civil (composée d’un gendarme) et religieux (un prêtre et un évêque). Il rédigera ainsi 13 manuscrits dont l’Esprit moderne et le catholicisme (1902), pamphlet contre l’église catholique, influencé par le bouddhisme et la théosophie. Mais aussi Racontars de rapins en 1902 qui traite surtout d’Art et d’esthétique. La raison pour laquelle il rédige autant de texte est que son état de santé l’empêche de peindre longuement. En effet il souffre des yeux et des jambes ce qui l’empêche d’exercer son activité. De plus, ces ouvrages manifestent surtout le besoin d’affirmer par l’écriture sa présence à Paris pour expliquer et légitimer sa démarche et son œuvre.

Mais c’est à la sculpture que Gauguin recourt de préférence pour formuler ses considérations et ses revendications sociales. Père Paillard et Thérèse, couple de statut scandaleux en sont un ironique exemple (Ils illustrent une critique envers l’évêque Martin et ses aventures en réponse à ses attaques sur la dite liberté sexuelle de Gauguin).

Cependant, l’ouvrage de sculpture le plus important qu’il réalise aux Marquises reste l’encadrement de porte sculptée et peint qu’il exécuta pour sa « Maison du Jouir » qui représente un ensemble des plus ambitieux. Ainsi, les mots « Maison du Jouir » étaient gravés sur le linteau surmontant la porte aujourd’ hui disparue. Au dessus se trouvaient des motifs ornementaux représentant des fleurs et des fruits. Sur les montants de chambranle, se trouvaient également deux nus féminins. En dessous, deux inscriptions gravées sur chacun des soubassements clamaient « Soyez amoureuses, vous serez heureuses » et « Soyez mystérieuses ».

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Paul Gauguin, Soyez mystérieuses, bas relief en bois de Tilleul polychrome, H. 73 ; L. 95 ; P. 5 cm, Musée d’Orsay, Paris.

Ces inscriptions renvoyaient explicitement à des bas reliefs majeurs de 1889 à 90, à des tableaux de 1902, aux gravures et sculptures de 1898-99 et ils peuvent être rattachés aussi à divers monuments passé dont l’artiste s’inspirait. Franchissant cette porte ornée, le visiteur pénétrait dans la chambre- atelier de Gauguin dont les murs, au dire des rares personnes admises étaient couverts d’images pornographiques que l’artiste avait ramené d’Egypte. Plus loin, l’auteur conservait son « musée » de photographies, ses cahiers de notes, ses carnets de croquis et ses dessins qui constituait un matériel dans lequel il puisait en grande partie son inspiration.

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Paul Gauguin, Soyez Amoureuse et vous serez heureuses, entre 1901 et 1902, bas-relief en bois de séquoia gigantea polychrome, H. 0.45 ; L. 2.045 ; P. 0.022 m, Musée d’Orsay, Paris.

Cependant ses tableaux marquisiens se différenciaient de ses œuvres précédents car ils étaient moins bons que ceux de Tahiti selon l’auteur. Gauguin y figurait moins de détails mais reprend plus de motifs et de figures qu’il avait déjà représentés. Malgré le cadre dans lequel il vit et travaille, ses scènes ne montre pas la luxuriance de la végétation de l’île, ne s’inspire pas d’œuvres tahitiennes, de vestiges archéologiques (pourtant nombreux) ou de mythes polynésiens. Son inspiration semble avoir changé et son œuvre est dès lors moins primitive qu’auparavant…

Malgré cela, la religion et la métaphysique restent très présentes dans son œuvre comme le montre sa Nativité ou encore L’Ange, Adam et Eve. Il évoque aussi la religion Mahori dans quelques tableaux.

En parallèle à son activité créatrice, Gauguin se révolte continuellement contre les autorités de l’île. L’évêque n’apprécie pas que Gauguin dissuade sa compagne d’aller à l’école ou encore les fêtes paillardes qu’ il aurait organisé dans sa maison du Jouir en compagnie de nombreux marquisiens. Il n’apprécie pas non plus son amitié avec le pasteur de la mission locale.

La tension semble être à son comble lors de la rentrée scolaire : En effet, Gauguin c’est aperçu qu’on obligeait illégalement les enfants de l’île à se scolariser. Il explique aux parents qu’ils n’y sont pas obligés et la fréquence des inscriptions va baisser. Mais Gauguin s’attira surtout la haine des gendarmes et de l’administration. Il fut en effet accusé de monter les indigènes contre les autorités, de revendiquer trop ouvertement une certaine liberté sexuelle et d’y encourager les marquisiens. La situation se dégrade encore en février 2003 lorsque Gauguin réclame une enquête sur le gendarme de l’île voisine Tahuata, Etienne Guichenay pour avoir été corrompu par des capitaines baleiniers américains. Il est alors poursuivit pour diffamation par l’administration. Le 31 mars 1903 il est alors condamné à 3 mois de prison et 500 francs d’amande.

Durant ces deux années, Gauguin multiplie les lettres de récrimination, les pétitions, les dénonciations de plus en plus furieuses. Mais sa fébrilité et son ton enflammé dans ses protestations semblent indiquer une dérive psychologique. Sa santé ne fait d’ailleurs que s’aggraver depuis décembre 1902 et finira par le mener à une mort solitaire préalablement noyée d’alcool et drogue pour essayer –en vain- de calmer ses douleurs.

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Le musée Solomon R. Guggenheim

guggenheim

Le musée Guggenheim de New York est probablement le plus connu des différents musées d’art moderne crées par la fondation Solomon R. Guggenheim. Parmi les nombreux artistes présents dans ses fonds se trouve, évidemment, Gauguin.
Comparons un instant le site de ce musée avec celui d’un autre grand musée d’art moderne New-Yorkais: le MoMA, déjà étudié dans un article ultérieur. Ils ont en commun un grand avantage, contrairement à d’autres sites tels que celui du Centre Pompidou, celui de proposer une grande partie numérisée de leur collection, ainsi que le répertoire complet de leurs expositions passées. Si le Guggenheim se contente d’une courte description surplombée d’une image, celui du MoMA, comme nous l’avons déjà vu, accompagne souvent la description de l’exposition d’une page à part entière qui reprend l’exposition, ce qui est bien sûr une chance immense pour l’internaute qui n’a pas pu se rendre à New York pour l’occasion, d’autant plus que les pages sont interactives et que le thème esthétique de leur interface est recherché et lié au sujet. De plus, le Guggenheim n’offre pas de biographie d’artiste aussi longue que le MoMA, ni de diaporama aussi complet. Quel reste alors l’avantage propre au site du Guggenheim ? Son interface est plus claire et lisible que celle du MoMA, où les fenêtres glissent et les onglets et barres de recherches foisonnent. Si les informations sont moins fournies, elles sont mieux classées (par artiste, par période, par médium et par courant) et plus agréables à lire. Il ne faut pas sous-estimer le poids de la collection numérique proposée par le Guggenheim, qui se flatte de montrer plus de 1100 œuvres de 450 artistes différents, ce qui est considérable.
Ainsi, en tapant dans la barre de recherche de l’onglet « Collection », l’internaute se retrouve sur une page avec deux paysages du peintre : Haere Mai (1891) et Dans la vanillère, homme et cheval (1891). Évidemment, il ne faut pas s’arrêter là. En cliquant sur les images, nous avons accès à un article très intéressant au sujet de ces deux œuvres, rédigé par Nancy Spector, chef-curatrice du musée. Ce texte, bien qu’il soit écrit en anglais, est très clair et dit l’essentiel en deux paragraphes. Il nous concerne tout particulièrement dans la mesure où il traite des scènes de paysages de Gauguin en lien direct avec le Primitivisme, concept sur lequel nous avons plus de détails dans un autre article, par un lien hypertexte. Bien que ce dernier ne nous apprenne rien de nouveau sur ce courant de pensée, il reste intéressant par sa densité : le plus important y est dit, en peu de mots. Cela permet également d’observer à quel point le site est bien mené, en laissant le visiteur virtuel se balader de tags en tags et de liens en liens, par exemple concernant les artistes expressionnistes inspirés par l’art « primitif ».
Retournons au premier article… En comparant le commentaire au tableau, on s’aperçoit en effet du caractère imaginaire voire idyllique de ses paysages, ce qui est propre à la volonté des artistes « primitifs » de mêler mythes et réalité à travers des éléments plastiques forts. Ici, ce qui ressort, c’est la simplicité des formes et le contraste des couleurs vives qui ressortent, ce qui fait penser à une tapisserie. Au sujet d’Haere Mai, une petite anecdote ressort : dans le coin inférieur droit du tableau, Gauguin a inscrit « haere mai », « viens ici » en tahitien, ce qui ne fait pas vraiment de sens, mais révèle bien l’entreprise du peintre, qui veille à faire ressortir le côté exotique et mystérieux de ses toiles.

Paul Gauguin, Dans la vanillère, homme et cheval, 1891, 73 × 92 cm, huile sur toile, Musée Solomon R. Guggenheim, New York.

Paul Gauguin, Dans la vanillère, homme et cheval, 1891, 73 × 92 cm, huile sur toile, Musée Solomon R. Guggenheim, New York.

Le site du fameux musée vaut le détour, pour gagner quelques connaissances précises en peu de temps (à part, pour certains, pour le déchiffrage), ainsi que pour le plaisir de naviguer de page en page, à la découverte des courants liés à l’artiste (voire les tags sur le Symbolisme, etc.).
Mais pourtant, il nous a fallu du temps avant de découvrir l’existence de ces articles, car le site du Guggenheim n’apparaît pas dans les premières pages de recherche google, malgré leur prédilection apparente pour les mots-clés. Ainsi, c’est la très pratique base de données en ligne Artcyclopedia, qui effectue le travail de recherche à notre place, en partie. En effet, le site, qui répertorie plus de 2 300 sites d’art, nous indique une liste de sites en rapport avec le sujet tapé. Malgré son manque d’esthétisme flagrant, il n’en demeure pas moins bien organisé : selon les artistes, les mouvements, les sujets, la nature du site, etc. « Au nom de la lisibilité », le site organise ensuite notre recherche en sous-catégories : musée, marché de l’art, archives d’images, sites divers, articles, livres, galeries.
En ce qui nous concerne, c’est avant tout les musées qui vont nous intéresser, car les articles ne traitent pas de notre sujet et les liens sont souvent morts. Autre point négatif : le Primitivisme n’apparaît pas du tout comme résultat dans le moteur de recherche…
Il faut donc, à partir des noms de musées, se mettre à fouiller sur leurs sites à la chasse aux informations.

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