Archives mensuelles : mars 2013

Dans les oeuvres

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À quoi sert Aid’Art ? Selon leur propre présentation sur le site, « Aid’Art s’adresse à tous les passionnés d’art qui souhaitent découvrir des analyses sur des toiles de maîtres. »
On y trouve des descriptions et des analyses d’œuvres de classiques (de Cézanne à Goya en passant par de La Tour)  mais aussi d’artistes contemporains qui cherchent à faire découvrir leur travail. On retrouve facilement Gauguin avec son nom figurant en gros dans le nuage de tags à droite. Même s’il est classé dans la catégorie « symbolistes », de nombreux articles correspondent à sa période primitiviste et s’identifient facilement, grâce à la reproduction en grand des œuvres et leur cartel précis.  
Les articles d’Aid’Art offrent à un lecteur amateur d’art mais non spécialiste des descriptions et des analyses des œuvres de Gauguin, et peuvent servir d’introduction pour se plonger dans l’univers du peintre. Les commentaires d’œuvres sont, selon les articles, iconographiques et iconologiques, par une analyse symboliste d’éléments du tableau, mais aussi techniques, en insistant sur un composant tel que la couleur (comme par exemple dans Femme à l’éventail de 1902).
Les textes comportent des références précises à des écrits d’auteurs, en citant les sources, pour appuyer le commentaire. La plupart ont d’ailleurs été rédigés par des professeurs d’histoire de l’art.
Malgré la bonne qualité des articles, certains peuvent semer le doute quant à la fiabilité des propos si aucune source n’est citée, et tous les textes ont été publiés par un mystérieux « Vincent » sur lequel l’internaute n’a pas d’informations.
Toujours est-il que les analyses d’œuvres de la période primitiviste de Gauguin sont intéressantes et éclairantes, et la qualité de reproduction d’images très bonne. On y retrouve également un article concernant le Christ Jaune, toile emblématique du basculement du style de Gauguin vers l’art primitif.
Aid’Art s’avère fort utile, bien qu’il reste dans le général, et peut donner de nombreuses pistes pour se livrer à une étude plus approfondie des œuvres primitives de Gauguin.

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La peinture de Gauguin : des paradis calmes et voluptueux, aux allégories du péché et du regret.

Le site du Musée d’Orsay est l’un des sites que nous nous plaisons le plus à explorer. D’une part pour son interface aussi confortable qu’efficace, mais aussi en raison de ses collections qu’il sait y exploiter et mettre en valeur. Il propose, pour notre plus grande joie et attention, un grand nombre de notices complètes ainsi que des commentaires d’œuvres informatifs qui relèvent avec soin les caractères propres et essentiels à chacun des objets d’études qui sont traités.

Concernant les réalisations de Gauguin, nous comptons onze commentaires portant sur quelques-unes de ses peintures. Chacun comprend une description-analyse du tableau étudié, mise en relation avec des éléments biographiques de la vie de l’artiste, indispensables à la bonne compréhension des enjeux et aboutissements artistiques qui relèvent de ces créations.

Paul Gauguin,Arearea,© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Prenons par exemple le commentaire d’Arearea, une huile sur toile datée de 1892. Dans un premier temps, on apprécie le simple fait de pouvoir consulter une image de cette peinture de bonne qualité, avec possibilité de grossissement, mais qui surtout, présente une fidélité appréciable vis-à-vis de l’objet réel (couleurs et format non retouchés, ce qui constitue une source sûre pour les historiens de l’art que nous sommes).  Ensuite, vient le texte rattaché à cette œuvre et qui permet de saisir rapidement les principales idées et concepts qui s’en dégagent. Cela suffit parfois à assouvir quelque curiosité qui ne nécessite pas un approfondissement par la suite, mais il peut aussi ouvrir de nouvelles perspectives de recherches et réflexions lorsque l’on désire en savoir plus, notamment avec la notice complète qui nous est proposée et qui renseigne sur des œuvres pouvant mises en rapport, l’historique de l’objet, les expositions dans lesquelles il a été présenté, etc.

Dans le cas de cette œuvre-ci, l’accent est très vite mis sur la personnalité et les aspirations de Gauguin : séjours à l’étranger en quête d’authenticité et de mysticisme, intérêt pour les figures féminines, les couleurs vives appliquées en aplats, les formes et contours simplifiés…  Sa peinture mêle rêve et réalité. D’un côté on observe la représentation explicite d’une culture et d’une population dénaturées par la colonisation (les femmes ne sont plus nues et sont animées d’expressions mélancoliques) ; d’autre part, Gauguin reconstitue (au second plan) un monde sacré et spirituel, plus archaïque et apaisé, dans lequel on retrouve le primitif perdu.

Where Do We Come From? What Are We? Where Are We Going?

Nous pouvons comparer à cela le site du Museum of Fine Arts de Boston, qui lui aussi possède un très grand nombre d’œuvres de Gauguin et qui en dresse également des notices informatives, mais bien moins riches que celles auxquelles le Musée d’Orsay donne accès. Or là encore, il nous est cependant possible de consulter les cartels de multiples objets (une centaine environ) parmi lesquels des dessins, croquis, aquarelles, gravures, en passant bien sûr par ses sculptures et peintures. (On note que l’on peut sélectionner le type d’objets recherchés afin d’affiner ou accélérer nos recherches grâce critères proposés sur la colonne de gauche.) Si l’on reste dans ce dernier domaine, c’est-à-dire celui de la peinture, on compte cette fois cinq « notices numériques », dont celle de la célèbre toile D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, que nous avons choisi pour illustrer l’en-tête de notre blog !

Ici aussi, on apprécie la qualité des images qui sont fournies, y compris celle des détails, qui rendent mieux compte encore de la facture du peintre – chose que le Musée d’Orsay ne propose pas. En revanche, le commentaire rattaché à l’œuvre est bien plus succinct et n’offre ni bibliographie, ni liste des expositions au cours desquelles la peinture a pu être exposée. Toutefois, ce contenu, bien que plus concis, reste très intéressant dans le sens où encore une fois, il nous permet de cibler les particularités de l’artiste et de ces œuvres, toujours en lien étroit avec la notion de Primitivisme à laquelle nous nous intéressons.

Dans le cas de cette peinture-ci, il est expliqué que Gauguin livrait en quelque sorte son « testament pictural ». Débutée en 1897 puis achevée au cours de l’année suivante, à Tahiti également, elle incarne le sublime manifeste de l’art et de la pensée de l’artiste. La toile se lit de droite à gauche, nous livrant alors sur le principe de la narration continue le cycle -ou bien le sens- de la vie. Le tout est plongé dans un univers de symboles et d’éléments énigmatiques voire surnaturels, propres à la peinture de Gauguin.

Très sensible aux mystères du monde et de l’existence humaine, Gauguin, loin de tout et baigné dans un monde primitif empli de traditions originelles et sauvages de plus en plus altérées par la présence des missionnaires occidentaux, voyait dans cette œuvre le récapitulatif de tout ce qu’il avait pu réaliser et vivre jusqu’alors : « Il est vrai qu’on ne se juge pas bien soi-même mais cependant je crois que non seulement cette toile dépasse en valeur toutes les précédentes mais encore que je n’en ferais jamais une meilleure ni une semblable. J’y ai mis là, avant de mourir, toute mon énergie, une telle passion douloureuse dans des circonstances terrible et une vision tellement nette, sans correction, que le hâtif disparaît et que la vie surgit. » Alors dans une triste période de sa vie, la vision qui se dégage de cette peinture s’en retrouve intimement désenchantée. L’idée même de la mort comme thème, précédée par les symboles de la souffrance et du mal, montrent bien que Gauguin ne trouvera finalement plus ce qu’il recherche, à Tahiti comme aux Marquises. Il ne ressentira définitivement plus que du dégoût et de la haine envers les sociétés occidentales, ce qu’il n’hésitera pas à faire clairement transparaître au travers de ses dernières œuvres.

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Histoire d’Art, un blog à visée pédagogique

Fanny Lechevallier Lafon est diplômée de l’école nationale des Beaux-Arts  et professeur indépendant d’Art plastique. Elle tient un blog intitulé Histoire d’Art, d’aide à la préparation du brevet d’histoire des arts, en réalisant des fiches relatives aux artistes, des analyses d’oeuvres ainsi qu’une chronologie.

Son blog est d’une approche agréable et facile car elle propose une page d’accueil contenant des actualités et une sélection de fiches existantes (en colonne de gauche). En haut à gauche, se trouve un moteur de recherche. Cependant il semblerait que les tags n’aient pas été rigoureusement ajoutés car il est difficile de retrouver un article ne figurant pas en page d’accueil.

Dans sa fiche dédiée à Gauguin, elle résume brièvement sa vie, ainsi que la naissance du synthétisme, courant initié par le peintre. Un point positif est que l’auteur prend le temps de définir clairement le courant en deux lignes, ce qui est rarement le cas. Cela apporte plus de clarté notamment pour les « néophytes » en quête de savoir…

Elle présente ensuite le l’Autoportrait au Christ jaune : on découvre ainsi que cette oeuvre est un triple autoportrait du peintre puisqu’il s’est représenté au premier plan, ainsi que dans la figure du Christ et dans le pot à tabac situé à droite de la toile. Elle nous explique ensuite en quoi ce tableau est symbolique et rattaché au courant du Synthétisme.

Ainsi, même s’il n’aborde pas directement le thème du primitivisme, ce site est d’un grand intérêt car il nous présente de manière précise et accessible l’Autoportrait au Christ jaune évoquant le Christ Jaune. Cette dernière oeuvre est connue pour être le début de la réflexion de Gauguin envers ce mouvement. Il est donc important de la connaitre ainsi que ses variantes.

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L’Encyclopaedia Universalis

L’Encyclopaedia Universalis est une célèbre encyclopédie payante, disponible en version papier et sur internet. Déjà fort connue, il est tout de même indispensable de la présenter et d’évoquer ses articles relatifs à Gauguin et au Primitivisme. Il convient donc de rappeler qu’il s’agit d’une ressource documentaire pour l’enseignement, son contenu est donc d’ordre scientifique et les articles sont rédigés par des spécialistes. Il n’est cependant pas possible de voir qui contrôle la parution de ces articles en l’absence d’une rubrique de présentation.
Cependant, la page d’accueil est  bien organisée. D’apparence simple, elle contient une colonne de gauche classifiant sous forme d’onglet les différentes disciplines. Dans la colonne de droite ce trouvent des actualités et des suggestions d’articles. Le site propose aussi une médiathèque Universalis (images commentées, schémas… par disciplines telles que l’Art, la Philosophie, le Droit…agrémentés de sous catégories pour plus d’efficacité dans la recherche).
Le site guide le visiteur au long de sa recherche : il propose même une rubrique d’aide (colonne de gauche), très facile d’accès, ainsi que divers onglets permettant une meilleurs utilisation du site (« rechercher », « découvrir », « aide »).
De plus, un moteur de recherche se trouve en haut de la page d’accueil. En tapant « Paul Gauguin » nous accédons à 58 articles dont 17 ont été sélectionnés comme étant particulièrement pertinents. Les articles sélectionnés sont principalement des articles biographiques, des commentaires d’oeuvres tels que « La vision après le serment ou la lutte de Jacob avec l’ange« , d’exposition telles que celle intitulée « Van Gogh et Gauguin« . Le site présente aussi de nombreux articles où l’artiste est simplement cité (Impressionnisme…).
Concernant notre sujet, Barthélemy Jobert nous propose un article intitulé Gauguin et le « Primitivisme » (repères chronologiques). Il présente son travail sous forme de dates accompagnées d’un paragraphe explicatif de chaque évènement ou période de sa vie. Ce mode de rédaction a pour avantage de présenter de façon synthétique la vie de l’artiste en valorisant les points importants.
Il débute sa chronologie avec l’année 1886, date de l’installation de l’artiste à Pont Aven, en Bretagne. Il explique ainsi les débuts du primitivisme et cite : « J’aime la Bretagne: j’y retrouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture ». Il évoque aussi sa découverte des îles: d’abord Panama et la Martinique en 1887 et raconte l’évolution de l’artiste de l’Impressionnisme vers le Synthétisme. Nous découvrons ainsi que l’année 1889 marque la création du Christ Jaune inspirée d’un Christ en bois polychrome du XVII ème siècle de la chapelle de Trémolo aux environ de Pont Aven et que « Gauguin marque ainsi sa dette envers le primitivisme représenté ici par l’art populaire breton ». 
Entre l’année 1889 et 1890, il décide de partir s’installer à Tahiti. Ce projet se concrétisera d’avril 1891 à Juillet 1893, période qui marque son premier séjour tahitien. Il découvre ainsi la culture Mahori dont toute son oeuvre est imprégnée. Cette influence est notamment visible dans les titres (en tahitien) choisis. En 1894, il crée un ancien culte mahori et Noa Noa, manuscrits illustrés fondés sur son expérience tahitienne et sur la découverte de la civilisation polynésienne. En 1897, il peint le célèbre D’où venons nous? Que sommes nous? Où allons nous? exposé au museum of Fine Arts, Boston. Cette toile est testamentaire car il a alors décidé de suicider. Elle représente les différentes étapes de la destinée humaine mais dans une atmosphère exotique et primitive. Paul Gauguin s’installe enfin dans l’archipel des Marquises en 1901 et y décède le 8 mai 1903.
Ce site est donc assez diversifié quant aux articles proposés. De plus, l’article de Barthélémy Jaubert permet une vision globale de la vie et de la carrière de l’artiste. Il nous garantie également le sérieux des documents étudiés grâce à sa réputation scientifique.
File:Woher kommen wir Wer sind wir Wohin gehen wir.jpg
Barthélémy JOBERT, « GAUGUIN ET LE « PRIMITIVISME » – (repères chronologiques) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mars 2013. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/gauguin-et-le-primitivisme-reperes-chronologiques/

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La collection du MoMA

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Le MoMA (Museum of Modern Art) est un musée d’art moderne et contemporain new-yorkais, inauguré en 1929 et constituant aujourd’hui l’une des plus grandes collections du monde d’art de cette époque, avec le Centre Pompidou et la Tate Modern. Son site, en plus d’être esthétique en restant sobre, est très complet et propose une rétrospective précise et interactive de toutes les expositions passées du musée (exemple de l’exposition sur « Van Gogh et les couleurs de la nuit » de 2008-2009). En allant dans l’onglet « explorer », on retrouve facilement une page avec une liste des artistes de la collection du MoMA, parmi lesquels figure Gauguin.
La numérisation de leur collection propose une série des images des œuvres : nous avons alors accès aux 26 œuvres de Gauguin que le musée possède, dont 20 œuvres sur la période qui nous intéresse, et dont de nombreuses gravures. En cliquant sur une image, on accède à une page avec une reproduction de l’œuvre sur la gauche, son cartel complet sur la droite, des commentaires de la galerie ou des extraits de publications du musée concernant l’œuvre en question, ainsi que des liens (quelque peu publicitaires) vers des publications « en rapport » avec le sujet. Par exemple, on peut trouver une vidéo qui offre une analyse descriptive de l’œuvre La lune et la terre de 1893 par une curatrice et sa transcription textuelle.
En accompagnement de ce support visuel, le site du MoMA propose un texte informatif (lui aussi disponible qu’en anglais) sur l’artiste, visible sous le « slide » d’images. Ce texte semble venir des fonds de presse de l’université d’Oxford, comme le montre le copyright. Il est divisé en quatre parties : une introduction qui présente Gauguin, une partie sur sa vie et son œuvre avec des sous-parties chronologiques, une partie sur sa méthode et ses techniques et une partie traitant de ses influences (autant reçues que perpétuées) et de sa réputation, puis en annexe une bibliographie très complète pour aller plus loin. L’avantage du texte est d’être très bien rédigé et très complet, surtout au sujet de la vie de l’artiste, truffée de précisions et de dates. Il est également intéressant d’avoir une partie entièrement dédiée à sa technique picturale, ce que l’on trouve en général peu souvent sur les sites de musées. Concernant notre sujet, on y retrouve une petite analyse de sa méthode inspirée des arts primitifs, notamment pour ses objets sculptés, peu commentés sur les autres sites. Le seul inconvénient ne peut être que la langue, bien que le style ne soit pas difficile.
Si ce site est un bon exemple de ce que devraient proposer les musées pour leurs collections et leurs expositions, il est également un bon support pour notre sujet, mais davantage comme base de travail méritant d’être approfondie suivant les sujets puisés dans les images et les textes de la page.
À quand ce type de page pour le site du Centre Pompidou ?

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