Archives mensuelles : février 2013

En Martinique

Gauguin-Martinique, Au pays des dieux créoles, 1887

 La Banque Numérique des Patrimoines Martiniquais offre à ses visiteurs un ensemble de 15 pages rédigées et richement illustrées traitant de la vie de Gauguin : de sa naissance, en passant par son arrivée et sa vie en Martinique, avant de débarquer à Tahiti et aux Marquises. Au premier abord essentiellement biographique, ce site, très bien mené, résume de manière extrêmement efficace car complète, la vie et la production de l’artiste, cela particulièrement durant ce séjour martiniquais.

De son enfance au Pérou, en passant par ses voyages en tant que marin, par sa reconversion professionnelle, par ses amitiés liées avec les membres du groupe impressionniste, et son départ pour Panama à la recherche d’un premier « atelier des tropiques » avant de lui préférer la Martinique… Le site retrace tous les « éléments perturbateurs » qui se sont succédés dans la vie de Gauguin, et qui expliquent son envie de « sauvage », mais surtout d’ailleurs. Il partage également de nombreuses informations quant à l’art primitif de Gauguin, directement issu de cette confrontation avec d’autres cultures et sociétés.

De nombreux chapitres sont consacrés à la Martinique à part entière : d’un point de vue économique et social, mais aussi politique, culturel, intellectuel et artistique, au moment où Gauguin s’y trouvait. On a donc tout un caractère historique propre à ce territoire, qui nous permet de situer l’artiste et l’univers dans lequel il avait choisi d’évoluer : au travers des chiffres précis, des documents anthropologiques et iconographiques, mais aussi avec de nombreux propos recueillis, qui se retrouvent cités ici.

Nouveautés stylistiques nées de ce nouveau mode de vie en Martinique, influences et inspirations trouvées là-bas… L’évolution de ses œuvres et des critiques qui leur sont portées… Rien ou presque n’est délaissé dans les résumés de ce site de la Banque Numérique des Patrimoines Martiniquais. Tout prend un sens logique, dans un contexte précis, celui où Gauguin marque à son tour cette terre tropicale de son empreinte « sauvage », en harmonie avec ses idéaux artistiques comme humains. 

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Classé dans Banques Numériques

Le primitivisme au delà de Gauguin…

Présentation du primitivisme

Detambel

Ayant déjà abordé Gauguin et sa vie dans les îles, il convient de nous intéresser au mouvement du primitivisme afin de mieux comprendre le rôle de Gauguin en son sein. Outre les articles encyclopédiques, certains sites ou blogs nous permettent d’avoir une nouvelle approche du sujet, plus critique. Ainsi, le site proche du blog de Régine Detambel, propose une approche transversale du primitivisme, présentant ses différents acteurs et précisant l’importance de Gauguin en son sein.

Nous présenterons d’abord ce site de façon formelle puis nous nous attacherons à son contenu.

D’abord, celui-ci se présente clairement grâce à une page d’accueil simple et à un menu présenté dans une colonne de gauche contenant 3 rubriques « écrire », « animer », « étudier ». Dans chaque rubrique, des onglets comme « essais », « conférence » ou encore « critique » nous permettent d’en savoir plus sur le travail de l’auteur. En effet, il est ainsi possible d’avoir accès à des documents tels que des vidéos, des post cast d’émission et des critiques de l’auteur. Ce blog a donc le mérite d’être clair, interactif et fonctionnel malgré le fait qu’il soit peu esthétique.

Mais il a également fallut s’interroger sur l’auteur pour pouvoir justifier la crédibilité de son propos… Ainsi une rubrique est destinée à sa présentation ce qui permet de donner plus de transparence à cette source. Régine Detambel est auteur depuis 1990 d’une œuvre littéraire publiée essentiellement chez Julliard, au Seuil et chez Gallimard. Elle a aussi été nommée chevalier des Arts et des lettres, lauréate du prix Anna de Noailles de l’Académie française et titulaire du prix Magdeleine-Cluzel pour l’ensemble de son œuvre. Ainsi, la multitude des prix dont elle a été récompensée peut laisser penser que ses publications sont fiables.

L’article en lui-même défini d’abord le primitivisme rapidement et en donne la genèse : Il nous explique que vers 1900 des artistes occidentaux s’intéressèrent fortement à des œuvres venues d’Afrique ou du Pacifique. Il raconte aussi le premier contact de cet art avec les artistes. Picasso et Matisse virent pour la première fois des statuettes africaines dans l’atelier de Derain vers 1905-1907. Derain avait été marqué par la visite en 1905 du « Musée nègre » de Londres (la collection ethnographique du British Museum) et cette vogue fut préparée par tout un mouvement ethnologique. Cela correspond à un véritable engouement en Europe à partir du XIXème siècle et se manifeste notamment pas le nombre croissant d’ouvertures de musées qui lui sont dédiés.

On peut ainsi lire que le primitivisme correspond à « la nostalgie éprouvée pour l’innocence d’un paradis perdu joint à l’insatisfaction manifeste, face à la civilisation occidentale » notamment de Paul Gauguin qui fut l’un des principaux initiateurs du primitivisme et l’un de ses fervents défenseurs. L’article revient aussi sur le grand rôle joué par le développement de la photographie comme modalité de représentations des arts japonais et du Pacifique dont s’inspirera l’artiste. Il s’agit donc d’un emprunt à ces arts primitifs.

L’article relate également de la tentative de l’historien de l’Art Robert Goldwater d’établir une typologie des différentes formes de primitivisme portées par les avants gardes dans son ouvrage Primitivism in modern Painting dès 1930. Ainsi, du « primitivisme romantique », édénique de Gauguin et des fauves qui aurait précédé en Allemagne le « primitivisme affectif » du mouvement die Brucke. Au primitivisme intellectuel de Picasso, s’oppose le primitivisme du subconscient du Douanier Rousseau, Paul Klee, Joan Miro ou Jean Dubuffet.

Mais l’auteur nous explique aussi la chute de ce mouvement : étant indissociablement lié à l’époque coloniale, il n’aura pas survécu au mouvement de décolonisation et à la mise à nu de ses idéologies.

Enfin, l’auteur donne une seconde définition du primitivisme entant que fascination pour les origines de l’Art et la lassitude des beautés classiques qui permettent la préférence donnée à des artistes ou à des époques dont l’Art était jusqu’ alors jugé archaïque. Ainsi, malgré le fait que cet article soit une présentation assez générale du primitivisme, il a pour intérêt de nous donner une idée plus précise de l’importance de Gauguin dans ce mouvement.

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Gauguin vu par Londres

L’exposition sur Gauguin à la Tate Modern

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La Tate Modern, récent et immense musée d’art contemporain londonien, est l’un des seuls musées qui propose sur son site une rétrospective complète de ses expositions, et notamment au sujet de Gauguin, du moins parmi les nombreux lieux qui ont réservé leurs salles à l’artiste ces dernières années (les musées de Zurich, de Seattle, de Boston…). Non seulement le site en lui-même est riche en informations et bien organisé, mais en plus les curateurs ont pris le soin de permettre à ceux qui ont raté l’exposition d’y accéder en retranscrivant les textes muraux qui devaient sans doute se trouver dans chaque salle.
Cette page du site est divisée en plusieurs parties thématiques, qui correspondent aux parties de l’exposition : tout d’abord, un onglet nommé « Gauguin » présente l’artiste de façon générale, en joignant une vidéo de ses correspondances lues accompagnées d’images. La vidéo est bien faite, mais ne nous sera pas d’une grande utilité étant donné que les correspondances de Gauguin nous sont déjà fournies par le site de l’INHA.
Les autres onglets sont organisés selon les thèmes que l’on retrouve dans ses œuvres (par exemple, le thème du sacré) et par périodes de la vie de Gauguin, et chaque partie fournit beaucoup d’informations sur le peintre, mais avec l’avantage, contrairement à d’autres sites trop chronologiques et biographiques, de donner au lecteur un autre point de vue : celui du commissaire d’exposition. Il est donc intéressant de pouvoir se renseigner sur Gauguin en se laissant guider suivant des grands thèmes qui regroupent des informations à la fois artistiques, biographiques et sur l’art moderne en général. En ce qui concerne notre sujet, il y a même quelques thèmes liés à son époque primitiviste, mais ils sont très brièvement abordés. Même si ce n’est qu’un angle d’approche parmi d’autres, aborder les oeuvres de Gauguin sur internet en suivant une logique d’exposition est toujours enrichissant.
A ce sujet, Marc Lenot, amateur d’art pour Le Monde, commente cette exposition dans son blog Lunettes Rouges, et en critique l’agencement des oeuvres.
Toujours est-il que sur la version numérisée de l’exposition, qui nous intéresse ici, sert comme appui aux propos auelques images, bien choisies, légendées et de très bonne qualité, mais il est tout de même dommage d’avoir un si petit aperçu des œuvres exposées. Cependant, on remarquera dans les articles que certains mots-clés soulignés en bleu mènent vers d’autres pages pour plus d’informations. Par exemple, le tag « Gauguin » nous redirige vers une page du site consacrée à l’artiste, avec quatre œuvres numérisées, d’autres mots-clés pour trouver des artistes et courants similaires, ainsi qu’un diaporama d’œuvres d’ « artistes qui pourraient vous intéresser ». Le site de la Tate utilise ainsi la personnalisation afin de permettre au visiteur de se renseigner et de plus en découvrir.
Enfin, le grand plus de ce site, en ce qui nous concerne, est le guide de l’exposition qui peut être téléchargé en français sous pdf, histoire de nous éviter de faire de la traduction.
En un mot, site clair et concis, informatif mais sans plus, avec quelques œuvres graphiques à disposition, et donc une bonne base pour l’élaboration de notre blog.

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« Enfant et sauvage »

Petites phrases, grandes histoires : Gauguin

 
Vidéos du Musée d’Orsay, également disponibles sur Youtube et Dailymotion

Le Musée National d’Orsay à Paris possède la plus grande collection d’œuvres impressionnistes au monde. Comme nous le savons, il présente de manière plus générale la peinture et la sculpture occidentale de 1848 à 1914, mais également l’architecture, la photographie et les arts décoratifs de cette même période. Parmi les objets présentés au public figurent de nombreuses réalisations de l’artiste auquel nous nous intéressons. En effet, il est possible de venir y admirer quelques toiles de Gauguin, mais aussi quelques sculptures et autres objets d’ornementation, tels que des coupes ou des vases.

Au-delà de cette palette d’œuvres précieuses que détient le Musée, il est possible d’approcher l’artiste sous un autre angle. Par le biais de son site internet, le musée propose une galerie vidéos dans laquelle diverses rubriques sont partagées : « 1 minute au musée » (de petits court-métrages sous forme de dessins animés, idéaux pour intéresser les enfants à une œuvre d’art), les vidéos des expositions, quelques extraits de spectacles présentés à l’auditorium, et… « Petites phrases, grandes histoires », la rubrique qui nous intéresse ici. En moins de cinq minutes et en partant d’une unique citation de l’artiste choisi, ces vidéos dressent tout un « portrait » concis, mais relativement complet, du créateur et de ses ouvrages.

L’une d’elle est donc fondée sur cette réplique de Gauguin, pour le moins représentative de son personnage ainsi que de son art : « Je ne suis pas ridicule. Je ne puis pas l’être. Car je suis deux choses qui ne le sont jamais. Un enfant et un sauvage. » A partir de ces quelques mots, le court-métrage (de 4,26min seulement) nous plonge dans l’univers original et primitif de l’artiste. Principalement ciblé sur cette volonté de Gauguin à s’éloigner de la société occidentale pour se rapprocher le plus possible des origines, du primitif, ce mini documentaire offre de manière ludique et limpide toute une approche à la fois biographique et artistique. En exploitant les propos mêmes de l’artiste et en les ralliant à quelques-unes de ses œuvres commentées, la notion de primitivisme dans l’art ainsi que le rôle joué par Gauguin dans ce domaine prennent rapidement un sens… Désir irrassasiable d’un renouvellement des formes artistiques. Contours et couleurs d’une simplicité honnête et franche, telle que celle que l’on trouve dans des dessins d’enfants. Expression brutale et sauvage comme « quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit »…

« Petites phrases, grandes histoires », étroitement en rapport avec notre thème, nous montre ce Gauguin à la fois « enfant et sauvage » qui s’entourait, cultivait, concevait et produisait primitif.

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Le Cahier pour Aline

Paul Gauguin, Le Cahier pour Aline, 1893

A la recherche de documents relatifs à la vie de Gauguin dans des pays étrangers, ainsi qu’à la notion de primitivisme que l’on peut rallier à une vaste période de sa production artistique, nous nous sommes intéressées au site de l’INHA (l’Institut National d’Histoire de l’Art). Ce dernier a pour but le développement de l’activité scientifique dans le domaine de l’histoire de l’art et du patrimoine, ainsi que la coopération internationale dans ce même domaine.

Au premier abord, le site parait clair et facile d’utilisation… En page d’accueil, la présentation des expositions actuelles, dans une colonne à gauche la rubrique « Accueil » comprenant les renseignements nécessaires à l’orientation du visiteur concernant aussi bien la bibliothèque, la recherche, le mécénat et les publications, que la location de salles et les lettres d’information. Sur la colonne de droite se trouvent les informations relatives à la bibliothèque, à la recherche et aux appels à contribution, ainsi que les offres d’emplois ou les marchés publics. Mais il est également possible d’utiliser un moteur de recherche.

Ainsi, en tapant « Gauguin », le premier résultat qui nous est présenté se trouve être une page dédiée à une exposition virtuelle intitulée Ms 227. Paul GAUGUIN. – Cahier pour Aline. Tahiti, 1893, issu de la collection Jacques Doucet. Il concerne le cahier d’Aline, un cahier rédigé par Gauguin pour sa fille, alors que l’artiste résidait à Tahiti, en 1893. Dans ce cahier, Gauguin lui fait part de ses réflexions, considérations morales, projets d’œuvres… Il y  dresse quelques dessins et y partage les critiques faites au sujet de ses expositions. Il le dédicace d’ailleurs à sa fille, en décrivant le cahier « comme un reflet de lui-même ». Hélas, Aline décèdera d’une pneumonie foudroyante à l’âge de 19 ans et avant d’avoir pu recevoir cet écrit, qui ne lui sera jamais parvenu. Gauguin repartit en Polynésie en juin 1895, emportant avec lui ce Cahier qui lui était destiné et y mourut huit ans plus tard.

Par ailleurs, le site nous informe de l’historique de la collection de Jacques Doucet, notamment constituée d’une correspondance de Gauguin envers sa femme, et donnée par leur fils en 1920. Les documents sont actuellement conservés à la Bibliothèque d’art et d’archéologie, et parmi eux, 28 estampes sur 78 ont pu être recensées par Komfels, dans son catalogue raisonné des estampes de Paul Gauguin.

Au premier abord de cette page se trouve une présentation du cahier avec une notice explicative, contenant des éléments biographiques, l’historique de la collection et quelques indications concernant l’intention de Gauguin lors de la rédaction de ce cahier.

Au sujet du cahier en lui-même, le site précise que « les plats, la page de garde, le bas du 9ème feuillet et le verso du dernier feuillet sont illustrés par Gauguin à l’aquarelle. Le plat supérieur porte le monogramme PGO en haut à gauche et la date 1893 écrite verticalement en haut à droite. L’artiste a collé au recto du premier feuillet et sur les feuillets 18 à 26 des coupures de presse concernant l’exposition qu’il organisa en novembre 1893 chez Durand-Ruel. Sur les contreplats sont collées sur chacun d’eux deux reproductions de tableaux de Corot et de Delacroix ».

Ce site présente donc un ensemble de pages de ce cahier numérisées et permet ainsi de lire ces textes originaux comme si nous les avions en mains propres… ou presque ! La numérisation est d’une grande qualité et permet, dans la plus part des cas, une excellente lisibilité des textes et dessins.

Ces documents numérisés constituent un témoignage précieux de la vie de Gauguin à Tahiti, de son travail ainsi que de ses réflexions morales et philosophiques. Au cours de ses écrits il décrit à sa fille, sur 4 pages et sous le titre La genèse d’un tableau, l’élaboration d’une œuvre peinte l’année précédente et la manière dont il souhaite peindre ses nus. Il évoque ce qu’il veut faire transparaître à travers l’image (attente amoureuse de la jeune fille ? peur ?) et traite aussi des couleurs qu’ il souhaite utiliser et de la composition (image n°8). Il reprendra le thème de cette œuvre dans plusieurs estampes : Mana’o Tupapa’u, elle pense au revenant. Il y ajoute un croquis évoquant le tableau.

Mais il traite également de considérations relatives à la liberté (image n° 10) en condamnant les âmes vendues à la bassesse de leurs sentiments et à « la convoitise pour les jouissances matérielles ». Il n’oublie cependant pas de glorifier « les disciples fidèles du grand art ».

Il profite aussi de cet espace littéraire de « proximité affective » avec sa fille pour lui faire part de considérations morales, comme le fait de lui recommander de ne pas faire à autrui ce « que tu n’aimerais pas que l’on te fasse », ou encore sur l’intérêt d’accorder de l’indépendance à la femme (cela sera possible « le jour où son honneur ne sera plus placé au niveau du nombril »).

Ce cahier est aussi constitué de notes passionnantes sur sa rencontre avec Edgar Poe, de réflexions spirituelles, y compris sur l’amour (les différences de mœurs existantes entre L’Europe et l’Océanie), sur l’homme et sa relation au crime, sur la République, l’art et la beauté…

Mais une grande partie des pages numérisées sont dédiées aux critiques adressées à son exposition de 1893 chez Durand-Ruel, présentant son travail polynésien. Cette exposition se soldat par un échec et la réaction du public fut très controversée : tantôt admirative, tantôt violente. Certains critiquèrent sa technique, affirmant que le courant synthétique initié par Gauguin n’était qu’ un prétexte de la part de ces artistes, pour cacher leur médiocrité et ils les accusèrent de ne pas exercer leur métier correctement. Pour d’autres comme Octave Mirabeau, il s’agit d’un travail d’un très haut niveau intellectuel. Il considère Gauguin comme le révélateur d’un monde et d’une humanité inconnue, sans flatterie (image n°24). Certains articles décrivent aussi son voyage avec émerveillement ou avec cynisme prétendant qu’ il ne s’agit que d’un artiste hypocrite travesti en maori.

A tout cela s’ajoute la présence de quelques illustrations aquarellées, généralement disposées sur des pages entières. Comme nous l’avons vu précédemment, le cahier se veut personnel. Les notes, mais aussi les dessins de Gauguin, traduisent une certaine implication, une mise en intimité. Bien plus que de simples lettres, le cahier pour Aline regroupe tout un ensemble de d’écrits et de dessins qui montrent que Gauguin souhait réellement créer un objet spécial, original, unique, réalisé pour une personne en particulier.

Comme dans sa peinture, le contour est net, la forme simple, et la couleur vive. Portraits de femmes, fauve et flore exotiques (images 2, 3, 4,11, 32 et 34)… On retrouve sur ces quelques pages les éléments favoris que l’artiste aura traités tout au long de sa carrière. Là encore, en plus d’être un témoignage précieux nous décrivant les autres formes de création artistique auxquels les s’exerçait Gauguin, ces documents nous dévoilent toute la volonté de l’homme à faire partager ce qu’il pouvait voir ici et que sa fille ne connaissait pas : poissons colorés, plantes locales, tribus indigènes… mais c’était tout autant une façon de lui faire parvenir quelques « images » de son art, de sa manière de dessiner et de peindre.

Ainsi donc, le Cahier pour Aline est un document précieux, tant par sa dimension historique qu’ affective. Avec ce partage numérique, l’INHA met à la disposition des internautes une palette de lettres et d’illustrations manifestes du mystérieux artiste qu’était Gauguin. L’observation même de l’écriture, la lecture des notes, l’admiration des aquarelles… Tant de possibilités agréables et enrichissantes, cela à portée de quelques clics seulement !

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